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Quand nous sommes arrivés à Clermont Ferrand, sur les lieux du couvent actuel, c’était un peu comme les débuts du monde selon le livre de la Genèse. Il y avait bien, certes, herbes et arbustes, ronces et lierres, cailloux et pierres de lave, mais il manquait d’homme pour cultiver cette terre (Livre de la Genèse chapitre 2, verset 5).

 

Il en vint trois. C’était en avril 2009. La première chose qu’on fit, en effet, en arrivant à Clermont, avant même de pouvoir occuper les bâtiments du couvent, ce fut de débroussailler les espaces verts qui l’entourent. Sous la conduite du frère Jocelyn devenu jardinier chef pour l’occasion, on arracha des kilomètres de lierre, on brûla bien des branches, on ramassa des tonnes de cailloux ça et là, on sua pas mal, on permit aux iris de retrouver un peu d’air et à l’unique pivoine de retrouver un peu d’espace. En échange, ils nous offrirent leurs couleurs, du mauve, du rose, du blanc et leur parfum. Le tout accompagné du jaune des pétales de genêt.

 

Oui, c’est par le jardin que nous avons pris pied à Clermont Ferrand. Le Seigneur prit l’homme et l’établit dans le jardin pour le cultiver et le garder (Livre de la Genèse chapitre 2, verset 15).
C’était écrit qu’il fallait commencer comme cela ! Et tout commença donc bien.

 

Au milieu de cette jungle, Dieu merci, pas d’arbre de la connaissance du bien et du mal, mais un prunus qui nous comble chaque année de ses fruits immangeables (aucun risque de tentation !), sans doute pour nous rappeler d’être des serviteurs inutiles ou quelconques ; et aussi un cerisier qui lui nous appelle à porter du fruit en abondance tout en nous fournissant de quoi faire quelques tartes ; et encore un sapin gigantesque qui fait la nique aux immeubles voisins de la Fontaine du Bac tout en nous invitant à lever nos yeux vers le ciel, plus haut ; et enfin un arbre dont personne n’a pu jusque là nous donner le nom. Un arbre qui fleurit mais sans donner de fruits. Un arbre mystérieux, comme Dieu en son mystère. À portée de main et pourtant nous échappant sans cesse. Un arbre nous rappelant à l’essentiel.

 

Aujourd’hui, quatre ans après notre arrivée, le jardin a bien changé ! Ou pour être plus juste, il a changé plusieurs fois ! Au rythme des saisons bien sûr, mais aussi au rythme des frères devenus cinq entre temps… Trop de stress à l’aumônerie de l’hôpital ? Et c’est tout le jardin qui en quelques jours et quelques nuits change de visage ! Plantes et bêtes peuvent alors être en paix… jusqu’au stress suivant !

 

Quelle utilité, un jardin, pour apaiser son esprit et son corps, à bêcher comme une bête cette terre ingrate qui nous rappelle que nous habitons sur une coulée de lave ! Depuis longtemps nos volcans auvergnats ont cessé de gronder, mais au-dedans de nous c’est si souvent qu’il faut calmer les colères qui naissent face à la souffrance, au mal, à l’injustice, à la mort.

 

Que c’est bon aussi de pouvoir prendre des heures de solitude et de silence à désherber patiemment les arrangements de cailloux qui bordent le chemin de l’église ! Excellent miroir de nos vies où l’on sait bien le combat perpétuel à mener contre les herbes folles de nos fragilités et de nos péchés ! Humble exercice qui nous prêche quelque chose de la patience de Dieu pour nous… Le jardin est tout autour du couvent. Il est surtout au-dedans de nous. À cultiver et à garder. Et à boire en tisane de thym, de menthe ou de verveine, le soir, quand des amis sont de passage !

 

Il est temps de finir. Quand j’ai commencé à écrire cet article, le beau magnolia de notre voisin était en fleurs… Au moment où je termine, de fleurs il n’en est plus sur le magnolia… Un jardin nous rappelle que le temps passe vite et que les choses de cette terre sont éphémères. C’est un appel à vivre le temps de l’aujourd’hui. Le temps de Dieu. Le temps de sa rencontre. Aujourd’hui, dit Jésus à Zachée, le salut est venu en cette maison. Aujourd’hui, dit Jésus au larron, tu seras avec moi au jardin du paradis. Aujourd’hui.

 

Alors regardons notre jardin intérieur : réjouissons-nous de ses plus belles fleurs, soignons celles qui nous déçoivent un peu !


Le jardin de la résurrection est toujours un commencement : debout ! Vivons ! Au grand soleil de Dieu, baignés de la rosée de sa miséricorde !

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