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Avez-vous déjà remarqué que la Bible commence dans un jardin (Génèse, chapitre 2, verset 8), et se termine dans une ville (Livre de l’Apocalypse, chapitre 21, verset 2) ? 

 

D’un couple dans un paradis clos, nous passons à la foule immense d’une Jérusalem céleste aux portes toujours ouvertes. Nous tentons parfois dans notre vie, de recréer le paradis perdu, jardin où se retrouver seul. Sans doute nous faut-il plutôt habiter la ville où vivre avec des frères. Pas de panique ! Cette ville possède en son centre un jardin, lui aussi toujours ouvert.

 

Notre couvent de Lille est une vraie ville, construite dans les années 50, et bâtie au milieu d’un jardin. Entourés d’un parc, les bâtiments conventuels, de brique rouge, se développent autour de cloîtres, avec le vert en toile de fond.

 

Pour construire un couvent dominicain, et non un monastère cistercien, l’architecte ne s’est pas contenté d’un ou deux cloîtres. Ici, six sont nécessaires à la vie commune. Chacun a son nom et son rôle. Le cloître du feu pascal prépare à entrer dans l’église. Le jardin blanc de la porterie accueille le visiteur au pied du campanile. Les fleurs d’un vieux cerisier animent le cloître de l’hôtellerie. Celui du réfectoire offre un peu d’air à la nuée de frères qui s’active pour la vaisselle. Et vingt-six étudiants profiteront bientôt du cloître du foyer Saint-Dominique. Je découvre le statut particulier de ces cloîtres, lieu du ciel et de la terre, de la lumière surtout. Ici les murs forment le jardin et celui-ci informe les murs. Lieu où résonnent le silence, le chant des oiseaux, parfois les rires des frères, ces jardins clos et paisibles pourraient-ils être ceux d’une Annonciation ou d’une Résurrection ?

 

Au cœur du couvent, le cloître ouvert, tourné vers le centre ville, symbolise notre vocation dominicaine entre contemplation et prédication. Un parc de deux hectares le prolonge et nos cellules donnent sur ce ciel d’arbres centenaires. Les frères y prient le rosaire, viennent y discuter ou simplement s’y promener.

 

Ce n’est pas juste un lieu idyllique dont on profiterait de loin. Cette nature je la travaille : bêcher, tailler, tondre, abattre un arbre mort, planter, mettre les mains dans la terre et prendre conscience des saisons, d’un rythme que chez nous on oublie. Je me rappelle que j’ai un corps quand l’ordinateur m’absorbe trop longtemps. Je ne suis heureusement pas seul. Une entreprise fait le gros des tontes et ramassages de feuilles. Et une équipe d’étudiants du foyer participe quatre heures par mois à l’entretien des lieux.

 

En ouvrant notre parc au public, nous en faisons un lieu de rencontre avec notre quartier, nos voisins. Vraie ville dans un jardin, le couvent devient jardin pour la ville. Et par chance, quand le temps lillois nous tient enfermé au-dedans, la nature, elle, vient habiter chez nous.

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