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La vie adulte qu’ouvre le noviciat est pleine de responsabilité, d’engagement, d’obligations. 

 

Mon noviciat s’est déroulé à Kigali au Rwanda du 08 août 1999 au 08 août 2000 sous la direction du frère Didier Boillat, actuel Provincial de Suisse. C’est donc dans une ville encore en train de panser ses larges plaies béantes, car à peine sortie du génocide de 1994 qui a fait environ 800 000 victimes, que je devais m’approprier l’esprit de l’Ordre, connaître sa vie et son histoire et discerner jour après jour la volonté de Dieu. J’avoue qu’à mes débuts je n’étais pas enthousiaste à l’idée de prêcher l’Evangile devant un auditoire encore traumatisé et pour lequel la réconciliation nationale n’était pas à l’ordre du jour. Partout la méfiance se lisait encore dans les visages.

 

Dieu merci, Kigali ne fut pas mon unique paradigme au moment de mes premiers pas dans l’Ordre. Pour le temps du noviciat, le Vicariat d’Afrique Equatoriale envoie ses frères se former soit à Kigali soit à Cotonou. Cependant, un temps de Prénoviciat se fait dans une des Maisons du Vicariat.

 

Ainsi, en Juin 1999, je quittais ma Brazzaville natale pour Bujumbura (Burundi) afin d’y vivre l’expérience du prénoviciat. C’est la première Maison du Vicariat du Rwanda-Burundi dont j’ai fait connaissance. Deux mois durant, et sous la direction d’un frère Mexicain, Oscar Mayorga, notre Prénoviciat se déroula sans anicroche. Ce lieu fut pour moi la vraie « porte d’entrée » dans l’Ordre. Si je suis encore dominicain, je le dois aux frères de cette communauté de Bujumbura.


Je suis très redevable aux frères. Le climat fraternel, la qualité des prédications et la bibliothèque, bien en vue au cœur de la communauté, m’ont fait une telle impression que je me suis dit : je ne me suis pas trompé de vocation. La simplicité et l’humour très british du frère Timothy Radcliffe, en visite canonique dans cette entité à cette période, m’apportèrent confiance et motivation. Ce temps de déblaiement à Bujumbura achevé, j’étais désormais prêt pour le temps des fondations qu’est le noviciat.

 

La vie religieuse est créatrice de fraternité vécue qui a valeur de signe pour toute la société. Les six novices que nous étions, d’origines différentes certes (2 congolais, 1 camerounais, et 3 rwandais), vivions dans l’esprit de collaboration parce qu’ayant pris conscience que dans la mission du Seigneur toute considération clanique, tribale, raciale, etc. tombe pour laisser la place à l’universalité, aux sans frontières. C’est dans nos différences culturelles que nous apprenions à nous enrichir mutuellement et à enrichir nos vicariats respectifs et l’Ordre de la joie de vivre en frères, dans l’Église. Le novice que j’étais se savait un homme en apprentissage. Durant ce temps de transformation, comme le recommandait notre père-maitre, je m’adonnais à la prière, à l’étude et autres exercices du noviciat pour enraciner ma vie en Dieu seul. La communauté du noviciat, vivante et vraie, m’y a beaucoup aidé.

 

Nous avions aussi des aînés « soigneusement préparés » qui nous rapprochèrent sans cesse de Dieu. Je ne ratais pas une occasion d’observer ce qu’ils faisaient de bien et j’imitais tel un petit enfant leurs actions au service de l’amour. Mon apostolat au sein des deux chorales « Saint Dominique » du Burundi et du Rwanda m’a confirmé dans ma vocation de choriste.

 

L’accompagnement des jeunes adolescents du village d’enfants S.O.S. du quartier Kacyiru m’a amené à comprendre que durant cette étape importante le religieux apprend comment vivre la consécration à Dieu dans l’abandon total à Dieu au service des autres. C’est notamment à ce témoignage de vie que les gens nous attendent.

 

La vie adulte qu’ouvre le noviciat est pleine de responsabilité, d’engagement, d’obligations. En Afrique, le souci de la formation à la vie consacrée s’appuie sur une méthode qui tient compte de ce passage à la vie adulte. Le noviciat est de plus en plus assimilé à cette période de l’initiation au regard de sa pédagogie appropriée comprenant des cours, des sessions, des exposés. Pour un certain nombre de formation, on recourait à l’Internoviciat, qui rassemblait les novices et leurs formateurs (hommes et femmes). Ces rencontres si riches dans un climat cosmopolite était l’occasion de nouer des amitiés spirituelles appelées à braver l’épreuve du temps.

 

Le passage au noviciat m’a ouvert la porte des responsabilités concrètes dans la vie de la communauté et dans la gestion du bien commun, mais aussi dans le choix des expériences d’apostolat. L’habitude de prendre des décisions bien muries communautairement a formé ma capacité d’assumer les responsabilités plus grandes dans la communauté et dans l’Ordre. Toutefois, je reste convaincu que la formation du consacré est un cheminement qui ne prend fin qu’au terme de ma vie sur terre. 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander…

 

Car il y a tant de choses à dire enco­re… Et vous, peut-être, tant de ques­tions à poser !


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Bonne décou­verte !

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