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Comment transmettre ? Mes engagements passés paraissent étranges aux générations actuelles : elles demandent à comprendre. 

 

J’ai passé le cap des 85 ans. Depuis le décès du frère Clément Humbrecht, je suis le plus âgé, en profession, de la communauté de Strasbourg (couvent de noviciat) : 62 ans de vie religieuse au compteur. Rien de remarquable dans cette province de France où une cinquantaine de frères me devancent en années de profession. Dans un couvent de noviciat, pourtant, ce « statut »
de senior comporte une responsabilité particulière.

 

Entré dans l’Ordre en 1951, j’ai vécu intensément avec les frères de ma génération la préparation de Vatican II et les espoirs que le Concile a suscités. Interpelé par les remises en cause de mai 68, j’ai pris le risque de vivre ma vie dominicaine en travaillant en entreprise et en habitant hors du cadre conventuel. J’ai été le compagnon de route des dominicains prêtres ouvriers d’Hellemmes.

 

Dans les années 70, de nombreux frères ont quitté l’Ordre. J’en ai été blessé. Dans le même temps, la manière de vivre en dominicain effectuait sa mutation dans la douleur. Et il le fallait.

 

Comment transmettre ? Mes engagements passés paraissent étranges aux générations actuelles : elles demandent à comprendre. Dans cette aventure aurions-nous abâtardi le charisme du fondateur ? Leur passons-nous le relais d’une vie évangélique en compassion plus authentique avec « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »? (GS § 11)

 

Aujourd’hui, il nous faut accueillir. Mai 68, c’est déjà très loin et je ne vais pas prendre la posture de l’ancien combattant. En 1989, j’ai réintégré la vie conventuelle et assumé à nouveau des ministères classiques. Et voilà qu’à 80 ans passés, j’ai cru sage de renoncer à ces ministères et de consentir à l’âge de la vieillesse. Je suis ainsi davantage disponible pour vivre avec les jeunes frères du noviciat leurs premiers pas en vie dominicaine. Ils ont déjà affronté et auront à affronter un monde non moins difficile que le nôtre.

 

Mais le regard bienveillant n’exclut pas le devoir du discernement. Ont-ils vraiment compris, ces jeunes frères, d’intelligence et de coeur, les exigences d’une vie à la suite de saint Dominique ? En ont-ils vraiment le désir ? En ont-ils les aptitudes ? En communauté, je suis, nous sommes invités à répondre au plus juste à ces interrogations.

 

Au final, je peux en témoigner, avancer en âge dans ce couvent de noviciat, m’est une chance car « ... je découvre avoir besoin de la jeunesse pour dire ce que je sais de la vieillesse et peut-être donner envie de vieillir. » (Marie-Jo Thiel, Faites que je meure vivant !)

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander…

 

Car il y a tant de choses à dire enco­re… Et vous, peut-être, tant de ques­tions à poser !


Si nous ne pou­vons pas répon­dre à tout, ici, vous pou­vez néan­moins recher­cher arti­cles et témoi­gna­ges de frè­res qui vous per­met­tront d’appro­fon­dir les sujets qui vous inté­res­sent.

 

Bonne décou­verte !

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