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Dans la plupart des couvents, les frères célèbrent quotidiennement ensemble trois offices : Les laudes (le matin), l'office du milieu du jour (vers midi) et les vêpres (le soir). La messe est célébrée tous les jours, souvent avant le déjeuner. Il arrive que, pour des raisons apostoliques, ces célébrations soient combinées (laudes + messe par exemple). Nos offices, ouverts au public, sont toujours chantées.

 

Dans la constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, les Pères du Concile Vatican II donnent à la musique sacrée un relief particulier  en regard de l’art sacré en général. Le chant y est souvent mis en rapport avec la solennité de la liturgie. « La tradition musicale de l’Église universelle a créé un trésor d’une valeur inestimable qui l’emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle. » (no 112) « L’action liturgique présente une forme plus noble lorsque les offices sont célébrés solennellement avec chant, que les ministres sacrés  y interviennent et que le peuple y participe activement. » (no 113)

 

Sans être le seul, l’adjectif solennel caractérise aussi la célébration de la liturgie dominicaine. « De par la volonté même de saint Dominique, la célébration solennelle et commune de la liturgie doit être tenue pour l’un des devoirs principaux qu’exige notre vocation. » (Livre des Constitutions et Ordinations 57) Il est également noté qu’« il convient qu’au moins une partie de l’office divin chantée, en particulier ce qui par nature requiert spécialement le chant. Mais nos célébrations présenteront simplicité et sobriété » (LCO 65). La liturgie dominicaine est ainsi conviée à une double exigence. La simplicité et la sobriété doivent aller de pair avec la solennité et la communauté. Il semble qu’il y ait quelque contradiction entre ces termes. Comment être simple, sobre et solennel ? C’est dans ce contexte qu’une juste compréhension du terme solennité permet de comprendre la juste place du chant dans la liturgie.

 

Solennité

 

L’usage populaire du mot solennité et de l’adjectif solennel nous invite à aligner ces termes avec apparat, éclat, pompe (en grande pompe !) Ce qui est solennel est grave, emphatique voire quelque peu hiératique. Dans ce sens, ce qui est solennel s’oppose à ce qui est naturel, objet de soin quotidien. Un repas quotidien n’a rien de solennel. Au contraire, nous pouvons donner à un repas de fête une allure solennelle. Nous touchons là le sens premier de solennel.

 

Étymologiquement, solennité signifie événement annuel. Il a fallu attendre un an pour fêter tel ou tel événement. La solennité est la qualité de cet événement particulièrement attendu et dont attendu, plus il sera l’objet de soins attentifs. La solennité est ainsi la valeur riche d’un événement attendu, dont on attend beaucoup, et auquel on s’est préparé tout particulièrement.

 

Parmi les différents événements du calendrier liturgique, la solennité se trouve en haut de l’échelle dans la hiérarchie des festivités. Ainsi Pâques et Noël sont-elles les deux grandes solennités de l’année. L’Église attend d’une manière toute spéciale ces deux grands événernents. À tel point qu’une période préliminaire et bien définie nous entraîne dans le mouvement de la préparation. L’Avent nous prépare à célébrer et donc à entrer avec grande vérité dans l’événement saint que Dieu nous offre à nouveau dans la naissance de son Fils. Le Carême est à son tour un temps de préparation au cours duquel l’événement pascal, sollemnitas sollemnitatum (solennité des solennités), est à la fois attendu et préparé.

 

Ainsi donc, une liturgie solennelle n’est pas autre chose que la liturgie particulièrement attendue et préparée d’un événement constitutif de notre vie de foi. Le lecteur aura compris qu’elle n’a alors point besoin de déployer des fastes vertigineux. Préparer ne signifie point accumuler les paroles et les signes qui les accompagnent. Commune, la liturgie dominicaine demande que sa solennité, sa préparation et son attente, soit l’œuvre de la communauté, Le chant est alors tout particulièrement là pour le signifier.

 

Chant et solennité

 

Répétons-le, forts de cette conviction que la liturgie est œuvre commune dès l’abord de sa préparation, Les frères ont inscrit dans leurs constitutions : « De par la volonté même de saint Dominique, la célébration solennelle et commune de la liturgie doit être tenue pour l’un des devoirs principaux qu’exige notre vocation. » (LCO 57) La place du chant dans la liturgie dominicaine le signifie très bien. Avant d’être beau, l’accord de l’unisson ou de la polyphonie a nécessité une confession de la part de la communauté : il n’est pas, a priori, évident de chanter juste et ensemble. La place juste d’une schola est à ce propos toujours délicate a tenir. Trop souvent elle risque de prendre la place dans l’œuvre de préparation et d’attente de la communauté en sa totalité, avant même de prendre trop de place au chœur.

 

Le chant joue comme un rôle de loupe sur les paroles que l’on proclame. Il souligne une nuance, il infère un sens. On pourrait même dire que le chant est un herméneute privilégié de la Parole. En ce sens la tradition des Pères de l’Église ne s’est pas trompée en confiant à l’Esprit du Père et du Fils le patronage du chant. La famille dominicaine connaît suffisamment sa responsabilité d’annonce de la Parole de Salut pour faire fi du chant. De même qu’elle se prépare à l’annonce de la Parole elle se prépare au chant de cette même Parole incarnée.

 

Le chant dans sa beauté nous introduit donc dans le mystère de la préparation d’une liturgie solennelle et commune. Simple et sobre le chant pourra donc être court, pas nécessairement polyphonique, mais préparé. Comme le seront une prédication, une lecture, un geste … une improvisation même. Fût-ce celle d’un sourire ! C’est à ce prix que le chant trouvera sa place. Et que la fraternité se découvrira débitrice avant tout d’un don qu’elle attendra chaque jour d’avantage, pour le transmettre à qui de droit : les hommes de notre temps. 

Qui sommes-nous ? Des moines ? Non pas vraiment. « L’habit ne fait pas le moine. » En l’occurrence, cela s’applique !

Notre vie ressem­ble pourtant à celle des moines, c’est vrai : nous vivons en frères, avec une vie commu­nau­taire, parta­geant la table, mettant en com­mun nos biens. Louant ensemble, ou seuls, le Seigneur et lui confiant le monde qui vit et parfois souf­fre. Mais notre vie se passe aussi à l’exté­rieur car nous sortons du cou­vent (qui n’est donc pas un monas­tère). En effet, le monde nous appelle : nous sommes des prê­cheurs, et l’annon­ce de la parole de Dieu à nos contem­po­rains est la grande affai­re de notre vie.

 

À l’origi­ne, il y a le cœur débor­dant de saint Domini­que, inquiet de voir tant d’hommes et de femmes à l’écart de la Bonne Nouvel­le. S’en­tou­rant de frères, il ne tarde pas à les disper­ser aux quatre coins de la terre pour prê­cher à ceux qu’ils croise­ront sur leur chemin. Un cœur qui débor­de, telle est donc l’origi­ne de l’Ordre des prê­cheurs. Et depuis huit siècles, frères, sœurs et laïcs domini­cains s’atta­chent à rester fidèles à cette mis­sion si belle : Louer, bénir et prêcher.

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