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  Dominicains - Province de France > Réflexion > Vie dominicaine > La vie fraternelle
fr. Pierre Januard Le frère Pierre Januard, du couvent Saint-Jacques, est directeur du Pèlerinage du Rosaire en Normandie.
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Envoyés prêcher deux par deux…

Saint Dominique, au Moyen-Âge, envoyait ses frères prêcher deux par deux. La vie communautaire ne s’arrête pas à la porte du couvent, elle nous habite au cœur même de notre vocation de frères prêcheurs.

Fidèles à la tradition, nous sommes partis à deux frères prêcher le carême à la demande des paroisses de la ville de Cambrai. Douce fraternité de la vie apostolique… pourtant la situation n’était pas banale ! Près de cinquante ans nous séparaient ! S’agissait-il de la simple transmission assurée fidèlement par un aîné ? Pour des frères prêcheurs, l’une des plus belles façons de vivre la vie communautaire à laquelle nous sommes appelés est sans doute de nous mettre ensemble au service de l’annonce de l’Évangile, chacun apportant son histoire, son expérience, sa sensibilité, en prenant l’autre au sérieux.

Les relations entre générations sont pourtant bien difficiles autour de nous, dans les familles ou les entreprises, les anciens prenant les plus jeunes pour des enfants en voulant leur « donner des leçons », les jeunes ne voyant dans leurs aînés que des ringards. La fraternité à laquelle nous nous engageons quand nous entrons dans la vie religieuse nous pousse avec bonheur à prendre l’autre simplement pour ce qu’il est : frère et prêcheur ! Les plus jeunes apprennent de la sagesse des anciens, et ils sont souvent admiratifs de voir que les plus expérimentés leur font confiance et acceptent avec curiosité d’apprendre encore, de découvrir, de s’adapter.

C’est dans cet esprit que nous voilà partis, le frère Pierre et moi, pour quatre soirées à 80 km de notre cher couvent de Lille, à la rencontre des paroissiens du Cambrésis. Le projet fut porté à deux, et notre présence commune était sans doute une prédication par l’exemple au moins aussi éloquente que notre parole. « Quand un frère prêche, c’est la communauté qui prêche », avons-nous l’usage de dire. Chacun parlait avec sa personnalité, son style, son expérience, mais nous étions pleinement solidaires dans la prédication. Ce n’était pas faute d’avoir mis en commun, discuté, échangé nos idées et nos conseils ! Pourtant, entendre son frère prêcher reste un moment de découverte. J’ai beau savoir ce qu’il va dire pour avoir travaillé avec lui, quelle grâce de me laisser saisir par un mot, par une phrase… bref, de me laisser évangéliser par mon frère !

 Envoyés prêcher deux par deux…