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  Dominicains - Province de France > Réflexion > Liturgie > L'Avent, Noël et l'Epiphanie
fr. B.-D. Marliangeas Le frère Bernard-Dominique Marliangeas a travaillé pendant plusieurs années au Jour du Seigneur et au CNPL. Il est aujourd'hui le Père Maître des étudiants de Lyon.
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Un peu d’histoire...

Dimanche prochain est le premier Dimanche de l'Avent. Le frère Bernard-Dominique nous présente dans cette série ce temps liturgique en commençant par quelques rappels historiques.

Alors même que, dans un premier temps, les chrétiens ont eu besoin de rompre avec les cycles des fêtes païennes ou juives, la nécessité de structurer le temps en le rythmant a conduit d'abord à la mise en relief du dimanche ; puis, au milieu du 2ème siècle, à choisir l'un des dimanches pour fêter solennellement la Pâque chrétienne (avec des problèmes de date qui font encore difficulté aujourd'hui entre Église d'Occident et Eglise orientales !).

A partir de la veillée pascale se sont développés, en amont, le Carême et, en aval, la cinquantaine pascale (la « Pentecôte », à l'origine, ne désigne pas seulement la fête qui a lieu cinquante jours après Pâques, mais l'ensemble de ces cinquante jours).
C'est au IVe siècle seulement qu'est apparue la solennisation de la Nativité avec, ensuite, les développements, en amont, du temps de l'Avent et, en aval, du temps de l'Epiphanie.

En « amont » et en « aval »

Ce développement des temps liturgiques répond à une donnée qui vaut pour tous les événements importants de nos existences et, a fortiori, pour celui du Salut : un événement important rayonne toujours en avant et en arrière.

Ainsi en est-il, par exemple, d'une naissance, d'un mariage, d'une fête. Ces événements ont une influence dans nos existences avant même de se produire et ils continuent à les influencer après s'être produits.

Ce qui se passe « avant » est bien plus qu'une simple préparation, c'est déjà une entrée progressive, une expérience anticipée, une pré-assimilation de ce qui est au cœur de cet événement ; ce qui se passe « après » sera de l'ordre de l'approfondissement de l'expérience réalisée, avec toutes les conséquences qui en résultent.

On peut dire, en quelque sorte, que la réalité de l'événement se diffuse du centre jusqu'à la périphérie, comme les ondes provoquées par la chute d'un corps dans l'eau.

Le développement du temps de l’Avent

En Gaule et en Espagne
Le Concile de Saragosse, en 380, impose aux fidèles de prendre part à chaque réunion de l'Église, du 17 décembre au 6 janvier. Au VIe siècle, saint Grégoire de Tours mentionne une pénitence du 11 novembre à Noël. On y jeûne la semaine. Au VIe siècle, cette préparation tendra à prendre la même ampleur que le carême.

A Rome,
On voit apparaître seulement vers le milieu du VIe siècle une liturgie de l'Avent. Le mot « adventus » était utilisé pour désigner la prise de pouvoir du nouvel empereur, son « avènement ». La liturgie romaine va emprunter ce terme au langage officiel pour désigner la venue du Christ.
Dans un premier temps, l’Avent s’est étendu sur six semaines, vécues généralement comme un temps de jeûne s'encadrant progressivement dans une célébration liturgique. Avec saint Grégoire-le Grand, le nombre des dimanches est ramené à quatre.

C’est ainsi que l’année liturgique chrétienne s’ouvre non par une fête, mais par un temps de 4 semaines : le temps de l’Avent qui précède la fête de Noël.

Un peu d’histoire...