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fr. Bernard Pineau Le fr. Bernard Pineau, du couvent de Tours, a été un grand voyageur. Il a vécu au Viêt-Nam, à Jérusalem, à Dakar... Passionné par la Bible et les Pères de l'Eglise, il est aussi en charge de la rubrique du "Saint du Jour" sur le site du Jour du Seigneur.
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Le meurtre de l'Innocent

Le meurtre de l'Innocent ou « la mort du Juste ». On a souvent remarqué ces expressions dans les témoignages donnés par les morts violentes, notamment atroces et injustes, d'hommes et de femmes ayant consacré leur vie au service et à la défense de la Justice et de la Vérité. Aussi bien des leaders charismatiques (le pasteur Martin Luther King et le mahatma Gandhi) que des défenseurs des droits des opprimés (l'évêque Oscar Romero et de très nombreux missionnaires, depuis une dizaine d'années: prêtres, religieuses) - et d'in­nombrables laïcs, hérauts de la fraternité, sacrifiés par les dictatures et le terrorisme dans le monde entier.

Tel fut le nom donné au Christ mort sur la Croix " Le Juste, l'Innocent " par l'Église primitive de Jérusalem. L'apôtre Pierre le proclamait, aussitôt la Pentecôte pendant les premières persécutions, dans ce qu'on a appelé la plus ancienne litanie du Rédempteur (Actes chap. 3. 13-16): « Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob a glorifié son Serviteur Jésus que vous aviez livré et renié. Vous avez chargé le Saint, le Juste (l'Innocent) en réclamant la grâce d'un meurtrier. Le Prince de la Vie que vous aviez fait mourir, Dieu l'a ressuscité des morts, nous en sommes les témoins ».

Le peuple le plus sacrifié, dans l'Histoire du monde, et depuis au moins vingt-cinq siècles, et le plus proche de l'Innocent mis à mort qu'est le Christ, c'est le peuple Juif. En témoignent les prophéties du Second Isaïe concernant le " Serviteur livré " : proclamées pendant l'Exil interminable à Babylone : elles sont à comprendre dans un double niveau de compréhension. Elles expriment la destinée dramatique du Peuple d'Israël assumant son portement de l'Alliance à travers les exils, les pogroms et la déréliction. Cette portée communautaire recoupe la réalité personnelle de celui qu'Albert Einstein nommait " le Juif axial ": le Christ en sa mort.

A Jérusalem, on doit se faire pèlerin aussi des victimes de la Shoah. C'est par l'allée des "justes" (ceux qui ont risqué leur vie pour la défense des enfants d'Israël) qu'on parvient au Mémorial " Yad Vashem " (la mémoire et le nom). Elie Wiesel disait : « O Toi l’Éternel qui est Mémoire, rappelle-toi, nomme tous ceux qui furent anéantis ».

Le meurtre de l'Innocent