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  Dominicains - Province de France > Qui sommes-nous ? > Mémoire des frères
fr. Yves Combeau Le frère Yves Combeau, du couvent de l'Annonciaiton à Paris, est historien de formation et est notamment engagé dans le scoutisme.
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Le fr. Serge de Beaurecueil

J’ai rencontré Quelqu’un, le Dieu vivant, qui m’a “séduit", pour parler comme Jérémie. Je ne crois guère aux idéologies, mais je crois à Jésus de Nazareth. Je ne crois guère à la morale, mais je crois à l’Esprit Saint, guidant mes pas, de l’intérieur. Je ne crois pas “posséder" la Vérité que je pourrais, du haut de ma supériorité, dispenser aux autres. Je souhaite seulement, avec eux, souvent par eux et à travers eux, pas à pas, jour après jour, aller vers elle, afin que ce soit elle qui me possède. Quelle que puisse être par moments l’obscurité de notre nuit, je crois, pour eux et pour moi, de tout mon être, à la radieuse Étoile du matin.

Extrait de son dernier livre : Je crois en l’étoile du matin (Cerf 2005)

Le frère Serge de Laugier de Beaurecueil nous a quittés au printemps 2005. Il a rejoint ce Dieu qu'il a cherché, par un chemin de lumière et de confiance, toute sa vie.

Serge

Né en 1917, élève à Gerson et Janson-de-Sailly à Paris, il passe son baccalauréat avec, chose fort rare à l'époque, l'arabe pour troisième langue. Ce choix,détermine toute sa vie : entré dans l'ordre en 1935, ordonné en 1943, inscrit aux Langues orientales à Paris dès 1942, il poursuit ses études d'arabe et rencontre le célèbre islamologue Louis Massignon.

Il rejoint en 1946 les frères Georges Anawati et Louis Jomier au Caire, et il fonde avec eux l'Idéo. Il se consacre dès lors à la mystique musulmane, un travail universitaire qui est aussi une expérience personnelle intense, car le frère Serge, dans la tradition dominicaine, vit ce dont il parle, et cherche par le mystique Ansârî le Dieu même qu'Ansârî cherche: cette voie mystique née au sein de l'Islam rejoint, par sa fulgurance, les voies chrétiennes les plus authentiques.

En même temps, le frère Serge fait l'effort d'apprendre la liturgie et la langue coptes, pour célébrer dans ce rite avec les laïcs égyptiens, en particulier les scouts chrétiens et les élèves de l'école des Frères des Écoles chrétiennes du Caire. C'est que l'enfance a toujours illuminé le regard du frère Serge, père par son sacerdoce et ses activités, mais enfant sous le regard du Seigneur.

Ce double appel de la mystique et de l'enfance trouve son épanouissement à partir de 1971 à Kaboul, en Afghanistan, patrie d'Ansârî. Professeur de mystique musulmane à l'université, il se consacre de plus en plus aux enfants abandonnés ou handicapés, qu'il recueille chez lui, formant une communauté inédite dans ce pays où il est le seul prêtre chrétien. Mystique et enfance convergent dans une voie spirituelle toute de lumière, de simplicité et d'abandon dont il témoigne dans Le pain et le sel; Prêtre des non-chrétiens; puis Mes enfants de Kaboul et Un chrétien en Afghanistan (tous quatre aux éditions du Cerf).
 

Son départ forcé d'Afghanistan, au moment de l'invasion soviétique, lui fut un grand déchirement, même si sa présence au couvent de l'Annonciation à Paris a été, pour ses frères, une joie et une fraîcheur quotidiennes. Tout en retrouvant des « petits » blessés ou handicapés à l'hôpital de Saint-Fargeau-Ponthierry, il a soutenu la continuation de son œuvre en Afghanistan par ses propres «enfants» devenus grands. Il a eu la joie d'y retourner en 2003 pour un reportage télévisé, comme il a eu celle de retourner, peu après, en Égypte. Il s'est préparé enfin à sa Pâque dans les premiers mois de 2005, porté par les Cris du cœur d'Ansârî qu'il avait lui-même traduits:

«Celui de qui Tu es la vie, comment pourrait-il mourir? «Celui dont Tu es le tourment, quand son tourment pourrait-il finir? « Toi qui es là, et que l'on peut trouver! Il n'est de joie que par Ta connaissance, il n'est de vie que par Ta découverte. »
« Celui qui vit sans Toi est comme un mort au fond de sa prison. La vie sans Toi est une mort. Celui qui vit par Toi vit éternellement. »

Barre verte

■ Lire l'article la prédication du silence...

Le fr. Serge de Beaurecueil