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Le couvent de La Tourette se trouve dans une propriété rurale située à 25 km de Lyon, en bordure du Beaujolais. Elle fut achetée en 1943 par les dominicains. On y construira un grand couvent que Le Corbusier réalisa entre 1956 et 1959. 

 

Le domaine de La Tourette fut au cours des siècles la résidence d’été de familles lyonnaises. Tout commence au XVIe siècle où un certain Alexandre de La Tourrette établit une « maison forte » sur une hauteur où il y a des sources abondantes (le nom du village Éveux, signifierait lieu où il y a de l’eau). Le château est revendu à plusieurs reprises, il est agrandi et transformé régulièrement au goût du jour jusqu’au XIXe siècle. Il jouxte une ferme agricole au milieu des champs, vergers de cerisiers, vignes et forêts et forme un enclos d’environ 75 hectares.

 

Parmi les différents propriétaires, la famille Claret au XVIIIe siècle commence à lui donner son aspect de parc anglo-chinois sous la houlette de l’un des fils, Marc Antoine Louis Claret de La Tourrette (1729-1793) qui fut un des grands botanistes lyonnais au côté des Jussieu, Commerson, Poivre, Rozier, etc., créateur du premier jardin botanique de Lyon. Spécialiste des lichens et auteur d’une flore régionale, il herborise dans toute la région et notamment avec Jean-Jacques Rousseau qu’il emmène dans les Massifs de La Chartreuse et du Pilat. Par « jardin anglo-chinois » on entend ce type de grand parc où la nature semble être laissée à elle-même par opposition avec les jardins de l’époque précédente « à la française » où les végétaux sont ordonnancés dans des formes rectilignes très géométriques.

 

En plus des végétaux remarquables souvent importés (par exemple Séquoia, Cèdre, Platane), on y trouve des fabriques c’est-à-dire des constructions qui modifient le site, telles des allées, terrasses, théâtre de verdure, captages et bassins et des édifices qui ponctuent la promenade par des dépaysements surprenants, dans l’espace et le temps : une (fausse) grotte préhistorique, un temple grec, une ruine romaine et un sarcophage paléochrétien, une tour médiévale, une cabane d’ermite, une glacière. Tout cela sera construit au fil du temps et bien entretenu jusqu’à la Première Guerre mondiale.

 

À partir des années 1950, l’équilibre entre l’utile et l’agréable, entre le charmant et le productif, qui caractérisait les mœurs héritées du XVIIIe siècle doit laisser la place à la modernisation. La reconstruction de l’économie française passe par la disparition de la paysannerie au profit d’une agriculture intensive. C’est aussi l’époque du Fonds Forestier National créé en 1946 qui cherche à promouvoir une gestion dynamique de la sylviculture. C’est enfin le règne du baril de pétrole à faible prix et l’on prend l’habitude d’acheter des fruits et légumes venant du monde entier plutôt que de continuer à les produire sur place où le prix de la main-d’œuvre devient dissuasif.

 

Tous ces facteurs ont contribué à faire disparaître, parfois de manière violente, les traces du jardin du XVIIIe siècle. Pour les frères dominicains les priorités étaient ailleurs et le succès de l’œuvre de Le Corbusier éclipsera ce qui en restait au profit des ronces et taillis qui finissent par tout recouvrir. Le jardin restera inconnu de la plupart des jeunes étudiants dominicains qui, citadins pour la plupart, n’en profiteront que sous le mode d’un espace vert.

 

Depuis quelques années, avec le renouveau de l’intérêt pour les jardins, il paraît intéressant de resituer le couvent de La Tourette dans l’histoire de son site paysager. En lien avec le CAUE, la Conservation régionale du patrimoine, les associations locales du petit patrimoine mais aussi les associations naturalistes, le jardin retrouve son identité et son rôle culturel. La variété de sa faune et de sa flore dans un environnement péri-urbain soumis à une très forte pression foncière sont des atouts importants pour l’avenir et une figure du jardin global qu’est devenue la Planète Terre.

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