Qui sommes-nous ?. Où sommes-nous ?. Que faisons-nous ?. Devenir dominicain. Dom&Go. Rechercher. Nous aider. Actualité. Prédication numérique. Nous contacter. Retraite dans la ville Facebook Nous contacter
La culture de la terre, un enjeu écologique et théologique.

Une communauté monastique fait d’emblée le choix d’une vie simple, la plus unifiée possible, respectueuse des dons du Créateur et de ses frères les hommes. Ainsi lorsqu’en 2009 notre communauté de moniales dominicaines, à Taulignan, a fait le choix, nourri par une théologie de la création, d’utiliser une partie de ses terres à la culture de plantes aromatiques du pays (la Provence) en bio, il n’y avait que quelques pas à faire pour être dans la cohérence… et pourtant, c’était un vaste chantier qui s’ouvrait alors à nous. 

 

Plusieurs personnes nous ont confortées dans notre projet dont l’évidence n’était plus à prouver. Il fallait donc le vivre. Certifications nécessaires, inscription aux différents partenaires du réseau bio très dynamique de la région, ont été les portes d’entrée dans un engagement écologique réfléchi et progressif, qui, en même temps, devait trouver son équilibre propre et particulier au sein de notre appel monastique.

 

Notre évêque nous a soutenues et encouragées, soucieux de la bonne avancée de la réflexion écologique, théologique, philosophique et anthropologique au cœur du diocèse et pour l’Église. Un groupe de recherche et de réflexion s’est constitué autour de la communauté pour devenir aujourd’hui l’Association OEKO-LOGIA, chrétienne, œcuménique.

 

Une fois la décision prise avec quelques amis qui participaient à cette réflexion, nous avons fait un tour de jardin. En passant au bord d’une parcelle, l’un deux, maraîcher, a pris une poignée de terre, pour la sentir. Elle ne sentait rien. Malmenée par les traitements conventionnels sur les vignes que nous avions tout juste arrachées, et par l’érosion, elle était à l’agonie. Pour cultiver les plantes aromatiques que nous comptions installer à la place des vignes, il nous fallait d’abord apprendre à réparer cette terre, à la nourrir pour qu’à son tour elle puisse à nouveau nourrir les plantes. Les techniques de base de l’agroécologie furent appliquées pour faire revenir dans ce sol la faune et la vie microbienne qui attestent de la bonne santé d’une terre, et sont aussi le gage de sa fertilité.

 

Il aura suffi de trois années pour qu’en écartant les paillages, nous apercevions toutes sortes de petites bêtes devenues subitement très sympathiques, et dans la terre déjà plus souple, des lombrics en quantité, ces merveilleux laboureurs. Le sol était redevenu vivant. Et l’odeur de la terre… Nous apprenons aussi les vertus innombrables des plantes sauvages que nous côtoyions (ou éliminions) dans une parfaite ignorance, l’influence de la lune, et les rythmes patients de la nature, qui sont aussi les nôtres. Tout ce que la sagesse paysanne savait et que les sciences de l’écologie retrouvent.

 

La crise écologique est une crise spirituelle. Nous sommes convaincues que ne pas respecter la terre mène à ne pas respecter l’homme et donc à ne pas respecter Dieu. Cela peut se lire en sens inverse : ne pas respecter Dieu, mène à ne pas respecter l’homme et ne pas respecter la terre.


Nos choix concrets :
- Planter et récolter à la main
- Réduire le travail du sol, par le recours au paillage sur les rangs et à l’enherbement inter-rangs
- Utiliser des intrants naturels (fumier, compost végétal produit sur place)
- Soigner les plantes par les plantes, associer les plantes compagnes
- Alterner les essences sur les parcelles
- Nous laisser émerveiller !

 

À tous ceux qui le demandent, nous offrons la possibilité d’expérimenter le travail de la terre en aidant aux petits travaux du jardin. C’est souvent une manière efficace pour eux de découvrir la démarche écologique, son pourquoi, son bienfait. Chemin parmi d’autres de la nouvelle évangélisation, chemin de conversion qui commence par nous-mêmes : nous mettons en acte notre modeste part de colibri par les moyens qui aujourd’hui veulent tenter de répondre aux graves et réelles questions de la vie de l’humanité et de la planète.

 

Les sœurs moniales dominicaines
du monastère de La Clarté Notre-Dame à Taulignan (26)
 

Partager à un ami




votre message a été envoyé