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Le jardin du couvent du Caire ne permet pas l’ennui. Avec des solutions simples, il appelle le promeneur à aller apprécier un alignement, une zone touffue, un espace engazonné, une bordure sauvage, une rocaille de cactées, une allée qui serpente.

Entretenir un jardin, c’est un travail de longue haleine. Je me rappelle lorsque ma mère dessinait le jardin autour de notre nouvelle maison, elle « voyait » ici un bosquet, là une haie, alors que sur le terrain on discernait à peine quelques plantuches fragiles attachées à des tuteurs. Et quand je lui demandais quand tout cela serait vraiment visible, elle me disait dans cinq ans, dans dix ans. Ça me semblait une éternité. C’était il y a plus de quinze ans. Et ce jardin est aujourd’hui magnifique.

 

Je fais la même expérience au couvent du Caire. Plusieurs frères, aidés par des amis, ont travaillé successivement à ce jardin d’un hectare, ils ont « vu » des allées, des parterres, des bosquets et des pelouses là où il y avait surtout de la poussière, des gravas et des ordures qu’on brûlait chaque semaine. Et quinze ans après, le jardin du couvent du Caire est une oasis de verdure. Patiemment, les frères ont construit un mur d’enceinte, nettoyé les ordures, planté des arbres, dessiné des allées.

Nous avons aussi eu la chance de bénéficier des conseils d’un ami paysagiste (Lionel Guibert à Paris), qui peuvent se résumer ainsi : regrouper les essences et distinguer au maximum les zones. Non seulement, en regroupant les espèces, on en facilite l’entretien, l’arrosage et la fécondation, mais en distinguant les zones on donne une impression d’espace. Passant d’un endroit à l’autre du jardin on croise des espèces différentes, dans des mises en scènes différentes. Et le jardin paraît plus grand, moins monotone. Tout le jardin n’est pas visible d’un point unique qui serait sur le perron du couvent. Il faut y decendre, y entrer, le parcourir.

Il est facile de voir la dimension spirituelle dans la patience nécessaire à la plantation du jardin, dans le temps qu’il faut pour que les plantes s’enracinent, s’acclimatent et grandissent les unes par rapport aux autres.

Mais il est aussi possible de tirer une leçon spirituelle de l’agencement même des espèces. En effet, le jardin du couvent du Caire ne permet pas l’ennui. Avec des solutions simples, il appelle le promeneur à aller apprécier un alignement, une zone touffue, un espace engazonné, une bordure sauvage, une rocaille de cactées, une allée qui serpente.

 

Trop souvent dans nos vies nous essayons de tout uniformiser. Sous prétexte de les unifier, nous rendons nos vies ennuyeuses, nous n’avons même plus besoin de nous y promener : on sait que c’est partout la même perspective, les mêmes espèces plantées, les mêmes odeurs. Non seulement ce jardin-là est ennuyeux, mais il paraît petit et n’appelle pas à l’aventure. On le voit tout entier depuis le perron, et l’on n’y descend plus.

Cultivons plutôt en nous des lieux spéciaux, des ambiances différentes, des perspectives et des tonnelles, des espaces exigeants et des étendues reposantes. Des bacs à sable et de longues allées. Que l’unité de ce jardin intérieur soit dans le parcours toujours différent qu’il permet de faire, et pas dans une perspective unique qui le tuerait en le transperçant de part en part.

Tout savoir sur ce jardin magnifique ?

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