Qui sommes-nous ?. Où sommes-nous ?. Que faisons-nous ?. Devenir dominicain. Huitième centenaire. Rechercher. Nous aider. Actualité. Prédication numérique. Nous contacter. Retraite dans la ville Facebook Nous contacter
S'abonner gratuitement à Amitiés Dominicaines

 

 

Le « sacrement » est une réalité de notre monde dont Dieu se sert pour nous rejoindre et se donner à nous. En ce sens, le premier sacrement, fondamental, est l’homme Jésus : Dieu fait homme pour nous conduire à Dieu. L’Église, « corps du Christ », prend le relais et met Dieu à notre portée en offrant à notre foi sept gestes, sept célébrations qui sont des lieux privilégiés de cette rencontre.

 

 

Dès la Pentecôte, don de l’Esprit Saint et acte de naissance de l’Église, à ses auditeurs que sa proclamation de l’Évangile vient de bouleverser, s. Pierre prescrit : « Convertissez-vous, et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Un peu plus tard, s. Paul rappelle à des convertis de Corinthe ce qu’est l’Eucharistie (I Co 10,16-17 et 11,20-29) et, aux chrétiens de Rome, il rappelle la grandeur du baptême (Rm 6, 43 s.). On trouve aussi dans ses lettres, parmi l’énumération des charismes (dons accordés aux fidèles pour construire l’Église « Corps du Christ »), la mention de divers ministères, ébauche du sacrement de l’ordre (Ph. 1, 1 ; Eph. 4, 11-13). Dans la 1e lettre de Pierre, mention est faite des anciens : en grec, presbuteroi, d’où le français ‘prêtres’ (1 P 5, 1 s.).

Dans l’épître de Jacques, les malades sont invités à recevoir de ces anciens une onction, accompagnée d’une prière ; et ainsi, « le Seigneur (les) relèvera… et les péchés leur seront remis » (Jc 5 ,14-15). Enfin, à la fin de l’évangile de Jean, le Seigneur ressuscité donnait aux apôtres l’Esprit Saint dans la puissance duquel ils pourraient remettre (ou non) les péchés (Jn 20,22-23). Durant l’âge suivant, au temps des persécutions des chrétiens (IIe-IVe s.), temps aussi de ces grands évêques, les Pères de l’Église (jusque vers le VIIe s.), on voit mentionner les 3 degrés de l’ordre : évêques, prêtres, diacres (lettres d’Ignace d’Antioche, martyr à Rome v.120/30). S. Justin, aussi martyr à Rome v. 150, dans un plaidoyer en faveur des chrétiens, fait état de la vie quotidienne de la communauté : baptême qui y agrège ; assemblée du dimanche : lecture de la Parole de Dieu, prières, célébration de l’eucharistie. Les grandes persécutions du IIIe s. posent la question des lapsi (ceux qui ont sacrifié aux idoles par peur des supplices) : peut-on accorder pénitence et pardon à leur repentir ? La clémence finit par l’emporter : oui, l’Église peut les réconcilier après une pénitence extrêmement sévère, donnée une seule fois (et uniquement pour ces fautes les plus graves). L’évangélisation de l’Irlande donne à s. Patrick (v. 430) et à ses moines missionnaires d’acheminer le sacrement de pénitence vers les forme et pratique actuelles de la confession. Le 4e concile du Latran (1215) peut marquer symboliquement le terme de cette maturation. Négligeant près d’un demi-millénaire, nous voici aux années 1100 et un renouveau tant intellectuel que matériel de notre Occident. Les écoles monastiques et cathédrales, les grandes Universités, seront les berceaux du renouveau doctrinal, avec les grandes collections de Droit canon, les recueils des Décrétales des papes codifiant entre autres la célébration des sacrements. Le grand ouvrage de Hugues, chanoine régulier de l’abbaye parisienne de St Victor : Les Sacrements de la foi chrétienne (v. 1140) en recense plus d’une centaine. Le XIIIe siècle voit le grand essor de la théologie dans les les Universités avec la scolastique, et ses maîtres prestigieux : les dominicains Albert le Grand et Thomas d’Aquin, le franciscain Bonaventure : leurs Sommes de théologie consacrent une part importante à l’étude des sacrements.

 

Le souci de rationalité conduit alors à préciser le mode de fonctionnement du sacrement comme tel, c’est-à-dire à tenter de comprendre le jeu de collaboration qui s’y établit entre le matériau du sacrement d’une part, un agir humain s’exprimant par des gestes, et l’action de Dieu et de sa grâce d’autre part. On détaille ce qui constitue ces actes symboliques en matière et forme du sacrement. Ainsi obtient-on une sorte de schème général de chacun des sept en cause. Précisions caractéristiques de ce souci d’une certaine intelligence de la foi, caractéristique désormais de toute théologie. Les sept sacrements seront pour l’essentiel définis et fixés tels que nous les connaissons aujourd’hui par le concile de Trente (1545-1563). Il aura fallu pas moins de quinze siècles pour que la théologie, guidée par l’Esprit, mette définitivement au jour ce trésor de Grâce.

Partager à un ami




votre message a été envoyé