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  Dominicains - Province de France > Réflexion > Spiritualité > Introduction au Carême
Le frère Bernard-Dominique Marliangeas a travaillé pendant plusieurs années au Jour du Seigneur et au CNPL. Il est aujourd'hui le Père Maître des étudiants de Lyon.
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Le Carême : un chemin de libération

Par rapport au temps de l’Avent-Noël-Épiphanie, le temps du Carême nous invite à être attentifs au second versant constitutif du salut que nous avons à vivre.

Le temps de l’Avent-Noël-Épiphanie met au premier plan le fait que Dieu vient habiter parmi nous, pour notre salut. Le temps du Carême nous alerte sur le fait que ce salut suppose un déplacement de notre part. Le passage de Dieu vers les hommes ouvre un passage des hommes vers Dieu : c’est bien ce qui apparaît dans les événements fondateurs de la sortie d'Égypte.

Jésus a situé le don de sa vie dans la logique des événements que célèbre la fête juive de « Pâque ». Comme disciples de Jésus, nous avons, nous aussi, sans cesse à revenir à cet événement fondateur pour percevoir les enjeux les plus profonds de notre existence.

La Pâque de la sortie d'Égypte a impliqué, un double passage : celui de Dieu parmi les hommes (au cœur de la terre de servitude), celui des hommes vers Dieu (hors de la terre de servitude). Par ce double passage, s’est constitué un peuple nouveau, « celui que Dieu s’est choisi », comme dit le Deutéronome (Dt 4,40).

Ce qui a été vécu lors de la première Pâque peut se lire comme une expérience de libération et Jésus, dans sa Pâque, mène cette expérience à son achèvement.

La liberté n’est pas un point de départ, c’est un point d’arrivée. La liberté humaine est une conquête en même temps qu’un don. Au cours de l’exode, le peuple d’Israël a été tenté plusieurs fois de méconnaître la proposition de Dieu. Le fait même de la tentation est lié aux limites de la liberté humaine. La tentation est une expérience des limites et, dans cette mesure, elle est douloureuse. Elle révèle les limites de notre pouvoir (je ne peux tout avoir et il faut que je laisse la place à l’autre...). Notre liberté est conditionnée, elle n’est pas absolue.

Mais l’expérience de la tentation postule l’existence de notre liberté, car si un être est totalement conditionné, on ne peut parler, à son sujet, de tentation, il n'y a pas de choix possible pour lui (c'est ainsi que fonctionne, d'une certaine façon, l'instinct des animaux).

Jésus a triomphé des trois tentations fondamentales du peuple de l’Exode. C’est le sens de l’épisode du désert après son baptême. Comme disciples, nous avons à vivre cette expérience à notre tour. Tout commence au baptême, mais il reste à vivre ce qu’engage le baptême. Dieu ne s’impose pas, il se propose ; l’enjeu de nos existences est de répondre à cette proposition et cela engage notre liberté. Dans cette réponse s’exerce et se conquiert notre liberté véritable.