Très tôt dans l'histoire de l'Église les saints ont été vénérés et associés à la célébration du culte. Au début du 5e siècle, on fait déjà mémoire des saints dans la prière eucharistique. C'est au 6e siècle qu'une fête de tous les saints apparaît dans la liturgie orientale puis romaine. Célébrée d'abord le premier dimanche qui suit la Pentecôte, cette fête fut transférée par le pape Grégoire le Grand (†604) au 1er novembre.
En cette solennité, l'Église ne fait pas seulement mémoire de tous les saints reconnus et canonisés, mais de tous les saints anonymes qui fécondent le monde par leur charité, leur foi et leur espérance, à travers les siècles de notre histoire.
Qu'ils écoutent, qu'ils viennent à toi, qu'ils apprennent de toi à être doux et humbles, ceux qui recherchent ta miséricorde et ta vérité, en vivant pour toi, pour toi et non pour eux.
Qu'il entende cela celui qui peine et qui est chargé, qui ploie sous son fardeau jusqu'à ne point oser lever les yeux vers le ciel, le pécheur qui se frappe la poitrine et n'approche que de loin.
Qu'il entende, le centurion qui n'était pas digne que tu entres sous son toit. Qu'il entende, Zachée, le chef des publicains, quand il rend au quadruple le fruit coupable de ses péchés. Qu'elle entende, la femme qui avait été pécheresse dans la ville et qui répandait d'autant plus de larmes à tes pieds qu'elle avait été plus éloignée de tes pas. Qu'ils entendent, les femmes de mauvaise vie et les publicains qui, dans le Royaume des Cieux, précèdent les scribes et les pharisiens.
Qu'ils entendent les malades de toute sorte dont on te faisait un grief d'avoir été le convive, grief de soi-disant bien portants qui ne cherchaient pas de médecin alors que tu étais venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs à la pénitence.
Tous ceux-là, quand ils se tournent vers toi, deviennent facilement doux et humbles devant toi, au souvenir de leur vie pleine d'iniquité et de ta miséricorde pleine de pardon, car là où le péché a abondé, la grâce a surabondé.
Extrait d'un sermon de saint Augustin († 430)
■ Texte publié dans le Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes (Lectionnaire patristique dominicain), Jean-René Bouchet o.p., Paris, 1994, Éditions du Cerf
■ Lire l'homélie du frère Thibaut du Pontavice



