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Le frère Hubert Cornudet vit au couvent de Lille. Il travaillait à Bruxelles à Caritas international avant qu'une maladie le paralyse. Il commence à retrouver aujourd'hui une activité normale, malgré son handicap.
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Lutte contre la pauvreté et non contre le pauvre

Je reviens de l’assemblée générale du réseau européen de lutte contre la pauvreté (European Anti Poverty Network, EAPN) où je représentais la Caritas européenne. Ce réseau est composé de plate formes nationales où les Chrétiens sont plus ou moins dynamiques. Dans certains cas comme en Espagne ou en Autriche, les Caritas nationales sont très présentes et très actives.

J’ai été frappé par les propos tenus à la tribune ou dans les couloirs par les membres hongrois, tchèques ou slovaques à l’encontre de leurs églises nationales. En gros ce ne sont pas des églises pour les pauvres, trop préoccupées qu’elles sont à récupérer leurs richesses perdues à l’époque du communisme.

Il est frappant par ailleurs de remarquer que chaque fois qu’on parle de « community development », on ne mentionne jamais le réseau des paroisses. Pourquoi ? Ces pays ont besoin du témoignage vigoureux et déterminé de religieux qui tentent de vivre l’esprit des Béatitudes.

Dans les anciens pays communistes, la perception de l’injustice sociale est plus forte qu’à l’Ouest. Les inégalités sont très criantes et le discours libéral ambiant fait que de plus en plus les raisons de la solidarité disparaissent. La vieille notion de « bien commun » qui sous-tend le « soi disant modèle social européen » est mise à mal

Dans un contexte de libéralisme économique - qu’on ne peut remettre en cause - il faut agir sur l’image de celui/celle qui reste au bord de la route et qui regarde le train passer. Le pauvre n’est pas RESPONSABLE de ce qui lui arrive. C’est la base d’un message important. On lutte contre la pauvreté et non contre le pauvre. Les phénomènes de stigmatisation sont récurrents. Les principes de dignité et de solidarité sont indivisibles.

Chez Hannah Arendt, il y a des développements importants sur le fait d’avoir une place et non plus seulement un rôle. Le totalitarisme commence quand on dénie une place à l’autre.

La solitude liée à l’individualisme contemporain est particulièrement prégnante en Europe et elle renforce le sentiment d’exclusion et de désolation. Les Chrétiens ne peuvent venir à bout des questions économiques et financières, mais ils peuvent contribuer du point de vue des symboles et des discours à construire des sociétés plus justes et plus solidaires.

Consulter le site de l'EAPN ...