Le fr. Dominique Dye, du couvent Saint-Jacques à Paris, est le président de la Commission liturgique internationale de l'Ordre.
L'actuel couvent de Saint-Jacques n'a que trente-huit ans : il fut pourtant fondé en 1217 par cinq des douze frères que saint Dominique avait dispersés vers les universités en train de naître.
Jusqu'à sa destruction en 1793, le couvent se trouvait à l'extrémité de la grand-rue Saint-Benoît, qui porte depuis son nom de Saint-Jacques. Le couvent restauré à Paris en 1848 par le père Lacordaire, d'abord sous le vocable de Saint-Thomas-d'Aquin, fut installé rue Jean-de-Beauvais en 1867 et se remit sous le patronage de saint Jacques. Après la première expulsion des religieux, en 1880, les frères se regroupent rue du Bac en 1886, puis en 1901 rue de la Chaise. En 1930, après vingt-sept ans de dispersion dus à la seconde expulsion, Saint-Jacques s'installe rue Vaneau et enfin, en 1938, rue de la Glacière. Les bâtiments sont complètement reconstruits dans les années 1960. Il n'est pas question, pour l'instant, d'une nouvelle expulsion... La grande vitalité que le couvent connaît depuis son installation dans le quartier en 1938 est encore bien féconde : enseignement, recherche, œcuménisme, prédication, liens culturels avec la municipalité parisienne. Avec l'accueil des frères étudiants étrangers - américains, africains, canadiens, japonais - venus étudier à Paris, Saint-Jacques retrouve et maintient cette tradition internationale que Marie-Dominique Chenu aimait à souligner. Membres effectifs et actifs de la communauté, les frères travaillant dans les institutions de l'Espace Saint-Jacques renforcent la vitalité intellectuelle du couvent. Les prieurs et syndics précédents, en particulier les frères Vincent Cosmao et Jacques Arnould, ont apporté une rénovation aux bâtiments construits par l'architecte Belmont en 1965-1968. Ces travaux ont redonné quelque esthétique à un couvent qui s'avère fonctionnel et doté d'une structure régulière adaptée au XXIe siècle. La liturgie conventuelle est simple et de qualité, grâce aux voix des jeunes frères chantres. Le pôle principal en est la messe dominicale de 11 heures, qui réunit un public fidèle venant de plusieurs arrondissements de Paris et même de la banlieue. Les temps forts de l'année liturgique sont soulignés, ainsi que certaines célébrations destinées aux membres des Fraternités laïques dominicaines.
Le couvent de Saint-Jacques est la communauté la plus nombreuse de la province, dont un certain nombre de frères qui, pour des raisons apostoliques, personnelles ou de santé, ont le statut d'« hors couvent ». Nous restons très proches les uns des autres. Ajoutons que pour se renouveler, tout organisme doit se greffer sur un dynamisme plus ancien : cela veut dire que nos frères aînés, parfois touchés par la maladie ou la vieillesse, sont parmi nous les témoins du passé prestigieux des provinces dominicaines françaises et de Saint-Jacques. Avec l'aide des amis du couvent, leur délicatesse et leur soutien moral ou matériel, nous essayons d'assumer ces réalités et de les vivre dans la sérénité.
L'hôtellerie du couvent est principalement destinée aux frères de passage et à quelques hôtes de longue durée. Une vingtaine de chambres, sans vraiment constituer un foyer, sont louées à des étudiants. Ajoutons que le couvent met à la disposition des groupes et des associations sept salles de quinze à quatre-vingts places ; il peut ainsi accueillir les réunions de l'Espace Saint-Jacques pour des repas dont la qualité est très satisfaisante. Je termine ces quelques lignes sur Saint-Jacques en disant: « Venez, et voyez... »




