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La cathédrale de Tours accueille une exposition des oeuvres du Père Kim En Joong du 23 mai au 1er octobre 2009
Le vernissage de l'exposition aura lieu le samedi 23 mai à 18h00 à la cathédrale de Tours en présence du Père Kim En Joong, op.
La messe de 11h00 à la cathédrale sera animée par l'ensemble Saint Gatien et par le frère François Xavier Ledoux en présence du Père Kim En Joong. L'homélie sera faite par le fr. Laurent Lemoine.
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« Il y a moins de force dans une innovation artificielle que dans une répétition destinée à suggérer une vérité neuve ». M. PROUST, A la recherche du temps perdu, p. 894.
L’artiste n’innove pas. Il répète inlassablement la même toile. C’est seulement ainsi qu’il crée du neuf. C’est ainsi que chaque toile est différente.
La même toile ? Bien sûr, car c’est toujours la première toile, la toute première recherche qui revient sans cesse sous le pinceau ; le même geste, libérant, à chaque fois, une œuvre différente.
La même création comme condition de la Création Nouvelle…
Quelle surprise !
Ce paradoxe, du neuf et de l’ancien, le Père Kim le vit personnellement. D’aucuns vivent la création artistique comme une originalité que l’on s’impose à tous les instants, pour toutes les œuvres. Pas le Père Kim : il existe chez lui une unique visée qui mobilise à chaque tentative de création les mêmes énergies ou plutôt… la même faiblesse, à travers laquelle la force de Dieu peut se déployer.
Il est des répétitions mortifères car leurs fruits, leurs moissons sont pauvres. Il est, au contraire, des répétitions fécondes car, vingt fois, cent fois sur le métier, l’artiste s’inspirant du même modèle, l’ouvrage s’avère inédit. La nouveauté ne surgit pas nécessairement de la spontanéité. Elle provient d’un travail persévérant sur le même qui finit pas déboucher sur (de) l’Autre.
S. Ephrem : « Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés (…). La Parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis (…). Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de ne pouvoir épuiser la source ».
Le tracé est le même, pas les couleurs, ni leur disposition. L’intuition qui guide la main du peintre est si archaïque qu’elle semble renvoyer au même tourment qui n’en finit pas de trouver une issue. Mais, à y regarder de plus près, ce tourment identique d’une œuvre à l’autre introduit en décalant juste de quelques centimètres, juste par l’harmonie légèrement modifiée des tons, une différance.
Où situer cette différance ? Dans le trouble en mouvement de la toile suscité en celui qui se rend attentif à l’œuvre contemplée. Il ne s’agit pas de communiquer un message clair et cristallin, mais, par le travail des couleurs, du trait et du point, de transmettre une expérience à ce point singulière que chacun peut y puiser une trouvaille pour poursuivre son chemin. Paradoxe, encore !
Prenons garde à ce que nous croyons répétitif : il y a parfois d’étonnantes nouveautés dans les répétitions de la vie de chaque jour ! C’est une question de nouveauté du regard…
L’art s’apparenterait-il à une liturgie ? Le travail du Père Kim nous le donne à croire : lex orandi, lex credendi. Ce que nous prions définit ce que nous croyons.
Fr. Laurent LEMOINE, OP.




