Les frères du couvent de la Tourette proposent tout au long de l'année 2009-2010 un programme de rencontres ouvertes au public sur inscription. Chaque rencontre, d'une ou deux journées, est animée par un frère dominicain ou un intervenant spécialisé.
Découvrez sur cette page le programme des Rencontres dominicaines 2009-2010.
Adresse, e-mail et téléphone du couvent : cliquer ici.
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■ R.D. n°1 - Du vendredi 30 octobre (19h) au dimanche 1er novembre 2009 (16h)
Au temps des feuilles mortes.
Assise dans l’esprit du zen.
Avec Bernard Durel, dominicain ; Jacqueline Vény, Association V.I.A. « Vers l’intériorité par l’assise »
Feuilles qui tombent en tourbillonnant, visites aux tombes de nos proches…c’est l’heure de considérer à nouveau le chemin du souffrir. Chemin initiatique, chemin de tous où, chacun à sa façon, Jésus de Nazareth, Gautama le Bouddha et bien d’autres à leur suite avancent pas à pas.
Karlfried Dürckheim le disait : « Ce n’est pas tant moi qui cherche mon être essentiel mais plutôt mon être essentiel qui me cherche ». Il s’agit donc plus de passivité (Passion) que d’activité.
Durant ce week-end d’approfondissement, ouvert à tous, débutants ou non, nous pratiquerons l’assise pendant quatre heures par jour environ ; nous aurons aussi des exposés et les réponses aux questions que nous pourrons poser. Quelques exercices physiques nous aéreront et délieront nos membres.
Que ceux qui le peuvent, apportent leur coussin ou leur petit banc. Vêtements souples et chaussures pour la marche dans le bois sont recommandés.
Lecture préparatoire conseillée : K.G. Dürckheim, Méditer, pourquoi et comment, 1er partie, chapitre VI.
■ R.D. n° 2 - Samedi 14 novembre 2009 (10h-18h)
La mesure de l’amour. Découvrir les sermons latins de maître Eckhart
Avec Eric Mangin, Docteur en philosophie et en théologie, Maître de conférences à la Faculté de philosophie de l’Université catholique de Lyon. Il vient de publier la première traduction française des sermons latins de Maître Eckhart.
Les Sermons latins ont été rédigés par Maître Eckhart entre 1311 et 1313 durant son second magistère à la Faculté de théologie de l’Université de Paris. Ecrits dans un style qui est celui des grands sermons universitaires de cette période, ils expriment déjà la plupart de ses thèmes mystiques favoris tels que l’Incarnation du Verbe, le détachement de l’âme et la filiation divine. En articulant la pensée chrétienne et la philosophie grecque, ou pour reprendre ses propres termes, en s’efforçant « d’expliquer par les raisons naturelles des philosophes les affirmations de la sainte foi chrétienne et de l’Ecriture dans les deux Testaments », les Sermons latins d’Eckhart, traduits pour la première fois en français, constituent à la fois le fruit de sa réflexion parisienne et le précieux témoignage de ce que fut l’enseignement universitaire au début du XIVe siècle.
E. Mangin, La mesure de l’amour, Sermons latins de Maître Eckhart, Paris, Seuil, septembre 2009
■ R.D. n° 3 - Samedi 21 novembre 2009 (10h-18h)
Le défi de la bonté : saint François de Sales.
Avec Jean-Marie Gueullette, dominicain
On trouve dans l’immense correspondance de saint François de Sales un alliage très rare entre deux attitudes souvent antagonistes : la bonté et l’exigence. Bonté et bienveillance à l’égard de tout ce qui constitue les ambiguïtés et les approximations de la vie spirituelle ne sont pas chez lui une forme de complicité avec notre médiocrité. Elles s’associent à une exigence jamais relâchée, exigence qu’elles rendent acceptable sans en diminuer le défi. Le cœur du combat spirituel est alors d’aimer Dieu avec ce que l’on est, sans rêver de devenir quelqu’un d’autre… « Tenez pour suspects tous ces désirs qui ne peuvent pas être suivis de leurs effets : tels sont les désirs de certaine perfection chrétienne qui peut être imaginée mais non pratiquée, et de laquelle plusieurs font des leçons mais nul n’en fait les actions. »
■ R.D. n° 4 - Samedi 12 décembre 2009 (10h-18h)
Pauvreté, misère, développement.
Avec Majid Rahnema et Bernard Husson
Majid Rahnema exposera son point de vue sur les effets produits par la pratique du développement, responsable selon lui de la transformation dégradante de la pauvreté en misère. Bernard Husson, économiste et praticien du développement, sera l’interlocuteur privilégié de cette rencontre pour le débat avec Majid Rahnema.
Bibliographie :
- Majid Rahnema, Quand la misère chasse la pauvreté, Fayard / Actes Sud, 2003
- Majid Rahnema et Jean Robert, La puissance des pauvres, Actes Sud, 2008
- Bernard Husson, “Mondialisation et développement, des enjeux contradictoires ?” Actes du Colloque du même nom, Ciedel/Orstom, 1996 ; - Coopération décentralisée et renforcement institutionnel, une dynamique à construire”, Cahier de Cités Unies France, n°1, juin 2009 ; “Un quart de siècle de coopération décentralisée, une construction réussie ?” Techniques financières et Développement, N°92, septembre 2008 ; Nord-Sud : de l’aide au contrat, ouvrage collectif sous le nom de C. Marchant, Syros Alternative, 1991.
■ R.D. n° 5 - Samedi 16 janvier 2010 (10h-18h)
Eve et la Nouvelle Eve dans l’art, métamorphoses d’une figure biblique.
Avec Rémy Vallejo, dominicain
Au gré de nombreuses et étonnantes métamorphoses, dans la théologie et la spiritualité, puis dans l’art d’Occident, du IXe au XVIIe siècle, les figures bibliques d’Eve et de la « Nouvelle Eve » dévoilent sans cesse le profond mystère de l’âme humaine et du salut de l’humanité tout entière. Ainsi, dès le Fiat de l’humble servante qui, au jour de l’Annonciation, ouvre les portes du ciel, « Eva » s’envisage dans un « Ave » angélique adressé à Marie.
Dans la sculpture, la peinture et l’enluminure, dans le « Jardin d’Eden », comme le « Jardin de la Résurrection » et l’« Hortus conclusus » du Cantiques des cantiques, la « Nouvelle Eve », c’est non seulement Marie, la mère de Jésus et l’Eglise, la « Mère des croyants », mais c’est aussi contre toute attente Marie-Madeleine, « l’Apôtre des apôtres » et l’âme humaine, l’ardente épouse de son Sauveur.
■ R.D. n° 6 - Samedi 30 janvier 2010 (10h-18h)
Dieu choisit le dernier.
Avec Alain Durand, dominicain
Une lecture attentive des initiatives de Dieu dans l'Ancien Testament comme du comportement de Jésus manifestent que le choix du dernier est une caractéristique majeure de la façon dont Dieu agit dans l'humanité. Cela fait-il encore un sens pour nous aujourd'hui ?
Alain Durand présentera son livre : Dieu choisit le dernier, Paris, éditions du Cerf, 2009.
■ R.D. n° 7 - Samedi 27 février 2010 (10h-18h)
Dieu et ses images.
Avec François Boespflug, dominicain
François Boespflug, professeur d'histoire des religions à l'université de Strasbourg, a publié en octobre 2008 un monumental ouvrage condensant plus de trente ans de travail d'historien et de théologien sur les représentations de Dieu dans l'art et l'imagerie. Au cours de cette journée de rencontre, de courts exposés et de débats, il se propose de s'expliquer en confiance, avec le recul, de manière synthétique et critique, sur les motivations et les racines personnelles (religieuses et existentielles) de cette enquête au long cours, sur sa méthode, ses principaux résultats, les questions qui subsistent et les perspectives qu'elle ouvre, notamment en ce qui concerne l'avenir d'un art d'inspiration chrétienne au XXIe siècle, le sens même du problème de la représentation de Dieu dans nos sociétés multireligieuses et l'inculturation de l'évangile dans les formes d'art typiques des ex-pays de mission.
■ R.D. n° 8 - Du vendredi 5 mars (19h) au dimanche 7 mars 2010 (16h)
Maurice Zundel (1897-1975) : La vulnérabilité de Dieu. « Le mal c’est toujours Dieu victime »
Avec Bernard Durel, dominicain
Maurice Zundel, très peu connu de son vivant sinon par un petit groupe d’amis, était essentiellement un homme de parole et de présence. Son itinéraire le mena de Genève à l’Ecole biblique de Jérusalem, au Caire et à Beyrouth, et il vivra à Lausanne la dernière partie de sa vie.
Une interrogation demeure au cœur de sa prédication et de ses nombreux ouvrages : « De quel Dieu l’on parle et à quel homme ? ». A partir de son propre cheminement et grâce à la rencontre de François d’Assise, Maurice Zundel témoignera du Dieu de Jésus en annonçant « un Dieu pauvre et vulnérable, un Dieu dépouillé qui ne possède rien mais qui est tout entier Relation ».
Telle est encore l’actualité de cet esprit « fulgurant » en qui Paul VI, son ami, voyait un génie spirituel, et pour qui « aimer Dieu, s’est vouloir le protéger de nous-mêmes », car Dieu est désarmé, infiniment fragile, un Dieu qui nous est confié, un Dieu caché en nous comme un soleil invisible, un Dieu qui pourtant est la respiration de notre vie.
« Dans le problème du mal, il faut penser, non que Dieu peut intervenir, mais qu’il en est la première victime. S’il n’y avait pas dans l’homme une valeur infinie, le problème du mal ne se poserait pas. Cette valeur, c’est la présence silencieuse de Dieu. Certes, Dieu ne peut rien perdre de son intégrité, mais le mal qui frappe sa présence en l’homme l’atteint lui-même. Le mal, c’est toujours Dieu victime ».
■ R.D. n° 9 - Du samedi 20 mars (10h) au dimanche 21 mars 2010 (16h)
Vers une utopie soft et verte sans militantisme sacrificiel.
Avec Geneviève Decrop, politologue, membre du comité de rédaction de la Revue Entropia ; Claude Le Guerrannic, directeur de l'Altermondialiste ; Pierre Alphandéry, chercheur à l'INRA ; André Micoud, sociologue, directeur de recherche honoraire ; Christophe Boureux, théologien, philosophe et paysagiste.
Cette session a pour ambition de réfléchir sur un nouveau modèle de société qui se met silencieusement et progressivement en place - parce qu'en dehors des cadres tant de la militance politique que du conformisme consumériste. A travers ce que, faute de mieux on peut appeler les post-néo-ruraux, se cherche un mode de vie plus participatif sur le plan social; plus associatif que politique ou syndical; en quête de convivialité mais en conservant les acquis de l'individualisme moderne libérateur des sociétés closes; soucieux des terroirs mais dégagé de l'enracinement rural ou agricole; attiré par une gestion souple de l'espace et du temps personnels, non contraints par une mono-activité professionnelle. En bref, un mode de vie rebelle aux logiques de fragmentations fonctionnelles du territoire et conscient de ses responsabilités au regard des ressources et des vulnérabilités de son milieu.
Cette rencontre de deux jours cherchera donc à éclaircir cette nouvelle configuration culturelle où le souci de soi s'allie à celui de la nature et de la société dans cet espace en mutation que sont les campagnes françaises.
■ R.D. n° 10 - Du samedi 10 avril (10h) au dimanche 11 avril 2010 (16h)
Le Messie de Haendel.
Avec Hélène Décis-Lartigau, musicologue
Cette rencontre sera consacrée à l’écoute du fameux oratorio de Georg Friedrich Haendel, Le Messie. Comme ses contemporains baroques, Haendel est un prédicateur et l’œuvre est ainsi un véritable portrait du Christ en musique.
Drame sacré en trois actes, composé en 1741 sur un livret de Charles Jennens, cet oratorio fut d’abord accueilli triomphalement en Irlande lors de sa création, mais dans un second temps, il déclencha le plus vif scandale en Angleterre. Il faudra quelques années pour que Londres se libère de la cabale dévote qui compromettait le succès du Messie et reconnaisse l’ampleur de la créativité d’Haendel qui avait ainsi profondément rénové le genre de l’oratorio. Le Messie mêle avec génie le théâtre et la liturgie, offrant à l’auditeur une succession de scènes ponctuées par les chœurs les plus grandioses.
Des trois grandes étapes de la vie du Christ, Haendel propose une vaste fresque pour méditer sur la vie humaine, de la naissance à la mort, de l’épreuve à l’espérance.
La rencontre propose de prendre le temps d’une écoute attentive et curieuse, en particulier pour retisser le lien entre les textes et le discours musical.
■ R.D. n° 11 - Du samedi 17 avril (10h) au dimanche 18 avril 2010 (16h)
« Odeur et mémoire ».
Avec Jean-Marie Martin
Partant de deux courts épisodes qui se suivent dans l’évangile de saint Jean 12, 1-16, nous étudierons le thème de la mémoire et de là nous ouvrirons des perspectives sur le temps et l’éternité dans l’écriture johannique.
■ R.D. n° 12 - Du vendredi 30 avril (18h) au dimanche 2 mai 2010 (15h).
Session de prière silencieuse : « Regarde Dieu, seulement. »
Avec Jean-Marie Gueullette, dominicain
« Prière du silence intérieur », « exercice du moment présent », « oraison de simple regard » : nombreux sont les auteurs spirituels du XVIIe siècle français qui ont enseigné une forme simple et dépouillée de prière silencieuse, en donnant souvent des conseils d’ordre corporel. Ce trésor est peu connu ; il peut soutenir la recherche de ceux et celles qui sont aujourd’hui engagés dans l’assise silencieuse en leur permettant d’enraciner leur pratique dans la tradition chrétienne.
Dans un climat de retraite silencieuse, la session permettra de découvrir certains de ces maîtres spirituels, de mettre en pratique leurs conseils dans des temps de prière silencieuse en commun. Un enseignement pratique sera proposé aux débutants.
■ R.D. n° 13 - Du Samedi 15 mai (10h) au dimanche 16 mai 2010 (16h)
L’objet de la demande : entre désir et violence.
Avec Paul-Laurent Assoun, psychanalyste, professeur à l’Université Paris VII
Quel est l’objet de la demande, en sa dimension inconsciente ? Cette question, appuyée sur les apports cliniques et théoriques de Freud à Lacan, permet de revenir à cet étonnement sur le caractère d’insatisfaction qui fait le fond du désir humain et confronte au paradoxe du « besoin d’être refusé ». Mais la demande jamais rassasiée – ce qui donne la signification de l’oralité et de ses pathologies – débouche, en son caractère infini, au-delà du désir – qui du moins sait ce dont il manque – sur l’être même de l’amour. On croisera ici la question « que veut la femme ? » -- en ce que c’est du côté de la femme que la demande d‘amour prend toute sa portée -- comme « tout ou rien » du lien-à-la-mère puis du désir d’enfant – et la question de la cure analytique : comment accéder, via l’épreuve de la demande transférentielle, à l’objet cause du désir du sujet?
Cette session s’appuiera sur les textes de Freud et de Lacan (notamment sur le « graphe du désir ») ainsi que sur P.-L. Assoun, « Leçons psychanalytiques sur Masculin et Féminin » (Economica, 2007) et « Freud et la femme » (Payot, 4e éd., 2003).
■ R.D. n° 14 - Du samedi 29 mai (10h) au dimanche 30 mai 2010 (16h)
Jésus, le Christ.
Avec Joseph Moingt, jésuite
A quels signes et en quels sens pouvait-on dans un monde religieux, et pouvons-nous dans un monde sécularisé, reconnaître et annoncer le Christ dans le « Juif marginal » (J.-P. Meier) que fut l’homme de Nazareth ?



