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Voici une série de visages tous différents, pour vous donner une idée de la variété des figures dominicaines.


Dès l'âge de 9 ans elle entre chez les Religieuses du Sac à Montepulciano, où on lui confiera bientôt la charge d'économe; à 17 ans elle dirige la construction du couvent à Procéna, où par le bref pontifical elle devient abbesse; à 32 ans elle revient à Montepulciano pour y fonder un couvent de Soeurs Dominicaines, où elle sera prieure. Elle meurt le 20 avril 1317, à l'âge de 49 ans. Son corps, miraculeusement préservé de la corruption du tombeau, repose au Couvent des Dominicaines de Montepulciano. Elle fut béatifiée par Clément VIII en 1608 et canonisée par Benoît XIII en 1726. Sainte Agnès est avant tout une âme contemplative. Pour elle, Dieu c'est le Bien-Aimé: elle Lui manifeste une amitié sans réserve, une tendresse sans limite, une confiance sans borne; Il la comble de faveurs extraordinaires, répond empressément à ses désirs et satisfait même ses moindres caprices. Aussi la représente-t-on caressant l'Agneau de Dieu qu'elle tient dans ses bras et dont elle porte le nom.

Il fut après la Reconquista l’apôtre de l’Andalousie, tandis que saint Vincent Ferrier évangélisait le nord de l’Espagne. De noble famille, il entre en 1368 au couvent Saint-Pierre à Cordoue. Il devint célèbre par son ardente prédication et par sa contemplation de la Passion du Seigneur. Désireux de vivre dans la solitude et la perfection où pouvoir fortifier son esprit pour un apostolat plus fructueux, il fonde près de Cordoue, avec l'aide du roi Juan II de Castille dont il était le confesseur, le monastère de la Scala Cæli où il opéra la réforme initiée par le Bx Raymond de Capoue et ses disciples. Au retour d'un pèlerinage à Jérusalem, il introduisit dans son couvent, et de là dans tout l’Occident, la vénération du chemin de croix, qu’il avait découverte là-bas. De nuit il se retirait dans une grotte distante du couvent. À l’imitation de st Dominique, il y priait et se flagellait. Avec le temps, elle devint un lieu de pèlerinage pour les fidèles. Il fut béatifié en 1741.  


Entré dans l’ordre en 1935, ordonné en 1943, inscrit aux Langues orientales à Paris dès 1942, il poursuit ses études d’arabe et rencontre le célèbre islamologue Louis Massignon. Il rejoint en 1946 les frères Georges Anawati et Jacques Jomier au Caire, et il fonde avec eux l’IDEO. Il se consacre dès lors à la mystique musulmane, et notamment à Ansârî, un travail universitaire qui est aussi une expérience personnelle intense. À partir de 1971 il part à Kaboul, en Afghanistan, patrie d’Ansârî. Professeur de mystique musulmane à l’université, il se consacre de plus en plus aux enfants abandonnés ou handicapés. Mystique et enfance convergent dans une voie spirituelle toute de lumière, de simplicité et d’abandon dont il témoigne dans Le pain et le sel Prêtre des non-chrétiens ; puis Mes enfants de Kaboul et Un chrétien en Afghanistan (tous les quatre aux éditions du Cerf).

Le frère Bedouelle a été invité à donner des cours et des conférences dans de nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Pologne et les Philippines. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels : Le temps des Réformes et la Bible (1989) - L’histoire de l’Église (1997) - Les laïcités à la française (1998) - La réforme du catholicisme (2002) - Une République, des religions (2003) - L’invisible au cinéma (2006). Membre du comité de rédaction de la revue Communio depuis l’origine, il dirigeait également les revues Mémoire dominicaine et Pierre d’Angle. Il a aussi publié La liberté de l'intelligence chrétienne (2012) aux éditions L’échelle de Jacob. Il fut le grand spécialiste de Lacordaire. Il est décédé le 22 mai 2012 à Fribourg.
 


Incarcéré, il s’évada 10 jours plus tard, et erra à travers l’Italie. Épuisé et malade, il se réfugia au couvent des dominicains de Forli, où il fut transformé par la Miséricorde divine. Il se confessa au prieur, le Bx Jacques Salomoni, ascète, mystique et appelé “le père des pauvres”, qui devint son père spirituel ; il demanda et obtint d’entrer dans l’Ordre comme convers. Il passa sa vie, une quarantaine d’années, dans la pénitence, la prière et le travail, pleurant son crime. Quand il mourut, Carino était un homme complètement transformé intérieurement, au point que lui aussi fut objet de vénération et considéré comme bienheureux. Son corps est conservé à la cathédrale de Forlì. Le processus de reconnaissance du culte ab immemorabili commença en 1822 à Forlì, mais la mort de Pie VII et la disparition des nombreux actes du procès arrêtèrent le processus de la cause. Comme on ne connaît pas avec certitude le jour de sa mort, sa fête a été fixée au 28 avril, date de la translation de sa tête de Forli à Cinisello Balsamo.
 

Sainte Catherine de Ricci collabora par correspondance avec le pape saint Pie V, avec l'archevêque de Milan, saint Charles Borromée et sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Elle soutenait tous leurs efforts en ces temps du grand mouvement réformateur de l'Église, et s’appliqua à honorer sans relâche les mystères de la passion de Jésus-Christ, qu’elle mérita même d’éprouver. Elle garda, dans une vie de haute mystique, un parfait équilibre dans les hautes charges spirituelles et temporelles qu’elle eut à assumer.
 

Grande mystique et pleinement engagée dans la vie du monde et de l’Église, elle fut admise à l’âge de 16 ans parmi les Tertiaires dominicaines. Menant une vie « toute cachée dans les blessures du Christ crucifié », sainte Catherine de Sienne ressentit au plus profond de son être les grands drames de son temps : l’éloignement de Rome du pape, qu’elle appelait « le doux Christ de la terre », puis les débuts du Grand Schisme d’Occident (1378-1418), la dégradation des mœurs du clergé, les guerres entre les cités italiennes et entre factions rivales. Elle s’engagea personnellement, faisant le voyage d’Avignon, se rendant à Florence à la demande du pape, proposant sa médiation, prêchant la croisade. Le Dialogue, chef-d’œuvre de la littérature mystique, nous révèle une âme d’une générosité absolue. Les Lettres nous la montrent « dévorée du désir de servir l’Église ». En 1970, le pape Paul VI lui a conféré, pour cette œuvre, le titre de Docteur.
 


Il a rédigé de très nombreux articles pour le Dictionnaire de Spiritualité, l’encyclopédie Catholicisme, le Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastique, le Dictionnaire de biographie française, l’Encyclopaedia universalis, la Revue des Sciences philosophiques et théologiques, la Vie spirituelle.
 


Eckhart est appelé à de hautes charges dans l'Ordre : provincial, vicaire général. Il en est déchargé en 1311 pour pouvoir se consacrer à son activité intellectuelle à Paris, à Strasbourg puis à Cologne. Il enseigne, il prêche et il publie. Vers les années 1325 la doctrine d'Eckhart est suspectée par l'archevêque de Cologne. On ne doit pas sous-estimer dans cette affaire la rivalité, déjà de longue date, entre mendiants et séculiers, spécialement au sujet du privilège de l'exemption. Eckhart se défend contre de mauvaises interprétations de sa pensée ou même tout simplement contre des déformations de ses propos. En 1329, en Avignon, est enregistrée une bulle qui condamne dans les écrits d'Eckhart dix-sept propositions hérétiques et onze qui paraissent suspectes. Mais Maître Eckhart est déjà mort, probablement depuis 1327. Sa condamnation est ressentie comme une injustice chez les Prêcheurs et n'empêche nullement le rayonnement posthume des grands thèmes eckhartiens que ses disciples sauront mettre en valeur sans insister sur les paradoxes audacieux du Maître. L'oeuvre latine d'Eckhart est très théorique, caparaçonnée d'un langage technique; elle comprend des commentaires des Sentences et de la Bible. Il s'y ajoute des sermons qui constituent la majeure partie de son oeuvre écrite en allemand.

L'enseignement spirituel de Maître Eckhart est formulé à partir d'une invitation à la déshabitation du corps considéré comme moyen (et non terme) nécessaire de l'union à Dieu, et à la réception de Dieu dans le cœur du disciple. La réception de Dieu en l'âme du croyant — âme libérée, évidée de tout même de l'image de Dieu lui-même, rejoint le thème patristique classique nommé « inhabitation trinitaire » : la Trinité descend dans le fond de l'âme (où l'intellect joue un grand rôle) avec toutes ses propriétés. Ainsi, rendu à nouveau semblable à Dieu, l'homme connaît une déification, nommée théosis dans la tradition grecque. Puisque Dieu est présent avec toutes ses qualités, l'engendrement éternel du Fils par le Père dans l'Esprit se produit désormais dans l'âme humaine. L'enfantement de Dieu dans l'âme, acmé de la vie chrétienne, est le fruit de la « divinisation » reçue de Dieu et par l'union à lui.


Né de parents inconnus, et formé à l'atelier de grands mâitres comme Lorenzo Monaco ou Gherardo Starnina, Jean entre chez les Dominicains en 1418 au couvent Saint-Dominique à Fiesole. Il commence sa carrière comme enlumineur dans le scriptorium du couvent. En 1427, il est ordonné prêtre. En 1430 il peint l'Annonciation, une œuvre où apparaissent de nouvelles techniques inspirées de Masaccio. En 1436, les dominicains de Fiesole s'installent au couvent Saint-Marc à Florence, récemment reconstruit par Michelozzo. L'Angelico, aidé parfois d'assistants, peint de nombreuses fresques pour le cloître, le chapitre et une vingtaine de cellules. Les travaux sont dirigés par son ami Saint Antonin de Florence. En 1445 il est invité à Rome par le pape Eugène IV, il peint une chapelle. De 1449 à 1452, Fra Angelico est prieur de son couvent. Il meurt à Rome, où il est enterré. C'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico.

Pier Giorgio est de ces âmes de feu, passionnées, qui vont droit au but. Né dans une famille aisée et très en vue — son père, sénateur, est directeur du second journal national — Pier Giorgio a tout pour vivre une vie confortable et mondaine. Pourtant il va choisir une autre voie, celle du service des plus pauvres dans les faubourgs de Turin. Malgré l’incompréhension de ses proches, Pier Giorgio étonne par sa volonté et son humilité, tout autant que par sa gaieté et son énergie inépuisable. Sportif, alpiniste de haut niveau, il parcourt les montagnes avec un groupe d’amis surnommé les Types Louches. Là, il y découvre la joie du dépassement de soi. Investi dans de nombreux mouvements étudiants, Pier Giorgio est également très actif dans les mouvements politiques de son temps, combattant le fascisme naissant. La lecture de ses lettres nous révèle son amour profond pour ceux qui sont délaissés, mais aussi les luttes qu’il doit mener pour persévérer dans son désir de servir ses frères. Pier Giorgio à 21 lorsqu’il s’engage comme laïc dominicain sous le nom de frère Jérôme. Il puise dans les lectures de saint Paul, saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, la force de continuer dans une vie authentiquement évangélique. A l’âge de 24 ans, Pier Giorgio, qui vient de terminer ses études d’ingénieur, contracte la poliomyélite lors de ses visites et meurt en quelques jours.


Il parcourut, avec le titre de « missionnaire apostolique » reçu du pape Clément XI, tout l’Ouest de la France dont il évangélisa les campagnes. Reprenant l’idée de saint Vincent Ferrier, il sut donner un style très populaire à ses « missions ». Se reconnaissant dans la spiritualité du bienheureux Henri Suso, il annonçait la Bonne Nouvelle de la sagesse et de l’amour du Christ. Il avait la coutume d’établir partout où il passait la pratique du Rosaire. Fondateur de congrégations religieuses et missionnaires, il a laissé de nombreux écrits spirituels. Beaucoup de prêtres, de mouvements apostoliques ou de familles religieuses le reconnaissent comme un maître spirituel. Il mourut le 28 avril 1716 à Saint-Laurent-sur-Sèvres, dans le diocèse de Luçon.
 

Il écrit de nombreux articles dans le bulletin clandestin du réseau, montrant notamment l’incompatibilité entre le nazisme et le christianisme et fournit de faux papiers aux juifs que les Sœurs de Sion protégent dans leur maison-mère située rue Notre-Dame des Champs, près du couvent Saint-Jacques. Sur dénonciation, il est arrêté par la Gestapo dans son couvent. Condamné à mort dans la prison de Fresnes, il est transféré à la prison de Brandenbourg, près de Berlin. Le frère Marc Guihaire est exécuté à la hache le 5 décembre 1942. Il avait 51 ans.
 

« Un des traits fondamentaux de la pensée de Gustavo Gutiérrez est l’importance accordée aux pauvres comme médiation majeure pour la compréhension de l’Évangile. Le théologien, croyant, inspiré par la miséricorde de Dieu, se laisse comme le bon Samaritain toucher par la souffrance du pauvre ; il se passionne pour sa libération et s’attelle en pratique à cette libération, laquelle à son tour “alimente de façon radicale une réflexion destinée à rendre raison du Dieu de la vie dans un contexte de mort injuste et prématurée.” » (Extrait de la lettre adressée par le Maître de l’Ordre au prieur provincial à l'occasion de la remise du titre de maître en Sacrée Théologie au frère Gustavo).
 


La maigreur des données historiques sur saint Hyacinthe, d’ailleurs regrettée au cours des siècles, a favorisé la création de belles légendes autour de son personnage. En voici une, particulièrement émouvante, qui nous a été transmise par la tradition: un jour, pendant sa mission en Russie, Hyacinthe célébrait la messe dans une église à Kiev. Dès qu’il finissait, on lui annonça que les Tatars envahissaient la ville en la pillant et tuant ses habitants. Sans trop réfléchir, il prit la boîte avec le saint sacrement et chercha à s’enfuir. Alors il entendit une voix: „Hyacinthe, tu as pris mon fils, et moi, tu veux me laisser?” Il prit dans sa main la figure en marbre de la Vierge, et, sans sentir son poids, il sortit en sécurité de la ville, passa le Dniepr à pied sec, traversa Halicz, et, en passant par Lvov, atteignit enfin Cracovie. Saint Hyacinthe est le patron de l’archidiocèse de Cracovie.



Catherine naquit en 1754 dans une famille pauvre de paysans du Cantal, où les parents et les sept enfants vivaient dans la même pièce. Très jeune, comme tous les enfants de son âge et de sa condition, elle allait travailler aux champs et à neuf ans, elle fut placée comme domestique dans une ferme voisine. On la disait gaie et espiègle. Elle avait treize ans quand sa mère mourut. Elle souhaita s’occuper des pauvres et des malades de la ville. À l’imitation de sa sainte patronne Catherine de Sienne, elle devint tertiaire dominicaine, prononçant des vœux mais continuant de vivre dans le monde. On appellait les femmes ainsi engagées : des menettes (petites moniales). C’est ainsi que Catherine, dite Catinou, sera plus connue sous le nom de Catinou Menette (ou Catinon Menette, selon les endroits). Elle qui aimait tant danser la bourrée, y renonça, et dira, tandis qu’elle allait partout secourir les pauvres en leur annonçant l’Évangile : « J’aimerais que les gens se confessent autant de fois que j’ai dansé la bourrée. » Toute dévouée aux plus humbles et aux plus pauvres, elle les soigna, leur procura nourriture et vêtements, les aidant et les réconfortant tout au long de sa vie. Elle s’attacha aussi à secourir les prêtres réfractaires. Une fois la tourmente révolutionnaire passée, elle continuera inlassablement son action, jusqu’à sa mort, en 1836.  

Après une formation dominicaine au Saulchoir de Kain, en Belgique, interrompues, néanmoins, par la guerre (mobilisé en 1939, il fait la campagne de Norvège d'avril à juin 1940), le père Jomier, de retour à Paris, entame des études d'arabe à l'École des langues orientales. Il travaille sous la direction de Régis Blachère. Ceci va introduire le père Jomier dans le domaine délicat de l'exégèse coranique et fera de lui un excellent connaisseur du Coran. Il fait partie de la première équipe de frères envoyés au Caire pour fonder l’IDEO (Institut Dominicain d’Études Orientales). Entre 1963 et 1983 il est professeur au grand séminaire de Maadi au Caire, à Mossoul et à Ibadan, puis il est nommé professeur visiteur à la faculté de théologie de l'université de Kinshasa (Zaïre). Il est ensuite nommé à l'Institut catholique de Toulouse. Entre 1973 et 1985, il est consulteur au secrétariat pour les non-chrétiens au Vatican. Il est également membre de l'Institut d'Égypte.
 

Étudiant à Paris, Jourdain de Saxe y connut l'Ordre ; le bienheureux Réginald d’Orléans lui en donna l’habit le 12 février 1220. Ses qualités exceptionnelles le firent choisir en 1222 comme premier successeur de saint Dominique. C’est lui qui acheva de donner à l’Ordre ses assises institutionnelles et qui engagea sa première expansion missionnaire. Par son livre sur Les Origines de l’Ordre des Prêcheurs, il est un témoin privilégié de la vie de saint Dominique et des débuts de l’Ordre. Parti en Palestine pour visiter les frères, il périt dans un naufrage le long de la côte syrienne le 12 février 1237.
 



Le Père Lataste est né à Cadillac-sur-Garonne (Gironde), le 5 septembre 1832. Très jeune, il se sent appelé au sacerdoce. Après beaucoup d’hésitations, et un combat profond, il entre en 1857 dans l’Ordre Dominicain. Il priait ainsi : Mon Dieu, faites de moi un prêtre toujours fidèle, un religieux selon votre cœur, un saint ! En 1864, il est envoyé prêcher une retraite aux détenues de la prison de Cadillac. Il découvrit en elles les merveilleux effets de la grâce et, en certaines, un réel appel à se donner à Dieu dans une vie consacrée. C’est dans cette prison qu’il reçut l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse, qui pourrait aussi accueillir de telles femmes à leur sortie de prison et leur permettre ainsi de devenir religieuses, sans distinction entre elles et les autres sœurs. Ainsi toutes les Sœurs, quel que soit leur passé, seraient unies dans un même amour et une même consécration. Le père Lataste disait en effet : « Les plus grands pécheurs ont en eux ce qui fait les plus grands saints. Qui sait s’ils ne le deviendront pas un jour ? » Deux ans plus tard, en dépit des préjugés et des résistances dans l’Église, il ouvrait la première communauté des Dominicaines de Béthanie. Deux ans après cette fondation, il tombe malade et meurt le 10 mars 1869.  

C’est lorsqu’il est directeur d’un centre culturel au couvent de la Tourette, près de Lyon, qu’Antoine Lion cofonde en 1990 l’association Chrétiens Sida. Il va la diriger jusqu’en 1997. Cette association nationale œcuménique s’est donnée pour objectifs d’aider les chrétiens à « réfléchir aux implications culturelles et sociales, éthiques et pastorales, de l’infection au VIH/sida », mais aussi à « prendre toutes leurs responsabilités dans la lutte contre la maladie et sa prévention ». Elle entend aussi auprès des chrétiens « marquer leur attention et leur solidarité avec les personnes touchées et leurs proches » et « faire évoluer les mentalités ». Dès 1988, il réunit une vingtaine d’acteurs concernés par le sida : médecins, infirmières, proviseurs de lycée, mères de famille, militants des associations David et Jonathan et AIDES… En 1994, le président François Mitterrand le nomme au Conseil national du sida parmi les cinq représentants des religions.

Baptisé sur les mêmes fonts baptismaux que saint Vincent Ferrier, le jeune homme ressentit très tôt sa vocation, et prit l’habit dominicain le 26 août 1544. Ordonné prêtre en 1547, il devint maître des novices au couvent de Llombai. Il avait, disait-il, « douceur de mère, autorité de père ». En 1562, il partit avec deux autres frères pour l’Amérique, afin d’évangéliser la Colombie. Il est d’ailleurs le saint patron de ce pays (sous le vocable de « san Luis Beltran »). Là, il déploya une intense activité apostolique, baptisant de très nombreux indiens. Dans son procès de canonisation, il a été dit qu’il avait le don des langues, pouvant ainsi se faire comprendre des populations locales, et qu’il avait aussi échappé à de nombreuses tentatives d’assassinat. Il rentra en Espagne en 1569, continuant d’œuvrer pour l’ordre, et mourut le 9 octobre 1581 à Valence.


Né d'un père espagnol et d'une mère guatémaltèque, Martin de Porrès eu a subir très tôt l'humiliation d'être un bâtard et un métis. Il entra dans l'Ordre à Lima (Pérou) après avoir appris le métier d'infirmier. Il voulut entrer comme " oblat résident " car il considérait le fait d'être frère coopérateur comme un honneur trop élevé pour lui; il acceptera cependant ce statut neuf ans après son entrée dans l'Ordre. Dans le couvent de Lima, Martin se livrait aux travaux les plus humbles mais aussi à une vie de grande oraison, d'austérité et de charité. Il soignait les frères avec une grande affection et efficacité, tout en restant dans la plus grande humilité. Martin est une grande figure de l'humilité et un espoir pour tous ceux qui subissent l'humiliation à cause des discriminations ethniques ou raciales. Sa bonté était immense; il distribuait de nombreuses aumônes aux pauvres et les soignait. La demande était si importante qu'il du ouvrir une espèce de dispensaire chez sa soeur . Il soignait aussi les animaux; il leur parlait et les éduquait à ne pas nuire aux hommes. Son amour pour toute la création était grand. Martin peut inspirer ceux qui s'engagent dans la protection de la création et la promotion de la vie dans toutes ses formes. Martin créa une institution pour les enfants nécessiteux où ils recevaient une éducation complète et apprenaient un métier. Il créa aussi un jardin de figuiers ouvert en libre accès à tous les nécessiteux. Sa charité était donc à la fois imaginative et incommensurable. Martin est ainsi un modèle de proximité avec les pauvres et de promotion de ceux-ci.

Pedro Meca, Basque de nationalité espagnole, réside en France depuis 1952. Depuis vingt ans, sa suite du Christ, il la vit aux côtés des marginalisés. Pour mieux partager leur vie, il a créé l’association Compagnons de la nuit, et un lieu au nom étrange, ni hospice ni couvent : La Moquette. Des sans-abri y viennent la nuit, assistent à des conférences, jouent aux cartes, parlent ou s’assoupissent dans un fauteuil. Quittant la rue pendant quelques heures, ils trouvent ainsi un peu d’humanité.




Né en Lombardie de parents pauvres, en 1504, entré jeune dans l’Ordre, devenu en 1550 commissaire général de l’Inquisition, Michel Ghislieri représentait un type spirituel fort éloigné de Philippe Néri, qui faisait alors la conquête de Rome. Sous les traits sévères de Pie V se cachaient un grand amour de l’Église et une piété fervente pour la Vierge Marie. Ce fut là le ressort de toute son action. Pie V s’appliqua essentiellement à faire passer dans la pratique les décrets réformateurs du Concile de Trente, achevé depuis peu (1563). C’est à ce titre qu’il promulgua le Catéchisme romain (1566), ainsi que le Bréviaire (1568) et le Missel (1570), qui devaient rester en usage durant quatre siècles. Enfin, au soir de sa vie, Pie V allait devenir le pape du Rosaire : après en avoir défini la forme (1569), il s’en fit le promoteur pour invoquer la protection de Marie dans les dangers que les Turcs faisaient courir à l’Occident chrétien (1571). Il mourut le 1er mai 1572.

Attiré à l’Ordre par la prédication de saint Dominique, il reçut l'habit de ses mains. Il fut voué à la prédication, surtout chez les hérétiques auprès desquels il pratiqua, à l’exemple du fondateur des prêcheurs, la méthode évangélique du dialogue. Nommé inquisiteur de Lombardie en 1242, il vit se concentrer sur lui, non sans raison, la haine des ennemis de la foi catholique. Il mourut assassiné par des Cathares, sur la route de Côme à Milan, le 6 avril 1252. L’un de ses meurtriers, Carin, devait par la suite entrer dans l’Ordre. Onze mois après sa mort, dès 1253, Innocent IV inscrivit Pierre au catalogue des saints. Un des plus beaux éloges de cette vie a été écrit par Catherine de Sienne dans son Dialogue (2, 5). Lors de la réforme liturgique de Paul VI, on a choisi pour fêter Pierre de Vérone le jour anniversaire de la translation de ses reliques à l’occasion du chapitre général de Milan en 1340. Sa vie fut écrite quelques années après sa mort par un de ses anciens compagnons d’apostolat, frère Thomas de Lentini, prieur et fondateur du couvent de Naples, qui donna l’habit à saint Thomas d’Aquin.
 

« Aborder le thème de la lutte contre le travail esclave en plein XXIe siècle a quelque chose d’irréel : on semble parler d’une réalité antédiluvienne. Or, pour quasi invisible qu’elle soit, elle touche pratiquement tous les pays. Notre première tâche est d’ouvrir les yeux pour voir cette réalité, la comprendre et la faire reculer. Au Brésil, où je travaille depuis vingt-cinq ans avec la Commission Pastorale de la Terre (CPT), notre slogan est : “Ouvre l’œil pour que personne ne fasse de toi son esclave !”. Un véritable mouvement a fini par se créer pour éradiquer l’esclavage moderne. Aujourd’hui le Brésil est une référence en la matière, mais nous sommes encore loin d’avoir réglé le problème. »

De parents nobles, il fut élevé avec beaucoup de soin. À Bologne où il faisait ses études de droit, il entendit la parole vibrante de saint Dominique qui l’attira et le décida à suivre la vie des frères prêcheurs. À Pérouse en Ombrie, il reçut de saint Dominique l’habit et la mission de prédication, et devient son fidèle compagnon dans ses pérégrinations apostoliques. Son exemple et son talent de prédicateur aidèrent l’Ordre à se développer en Italie. Homme instruit et visionnaire il promeut l'étude de l'Écriture Sainte et la compilation des Concordances bibliques. Son dynamisme lui fit ouvrir une maison à Pérouse en 1233, une à Trani en 1254, d’autres à Brindisi, Orvieto, Naples, peut-être aussi Todi près de Bari. Il fut, par deux fois, provincial de la Province de Rome, qu’il dirigea avec force et douceur. 



Il reçut l’habit de l’Ordre (des mains de la Vierge Marie, nous rapporte Jourdain de Saxe) et se lança dans une prédication qui attira de nombreux frères à la suite de saint Dominique. Attiré à l’Ordre à quarante ans par saint Dominique lui-même et par une guérison miraculeuse due à l’intervention de la Vierge, ce chanoine d’Orléans, né en 1180, fut de ceux qui, à Bologne comme à Paris, donnèrent à l’Ordre son premier élan. Un mot de lui dit bien l’amour qu’il eut pour la vie dominicaine : « Je crois n’avoir aucun mérite à vivre dans cet Ordre, car j’y ai trouvé trop de joie. » Il mourut à Paris en 1220 et fut enseveli dans l’église Notre-Dame-des-Champs.
 

Issu d’une famille bourgeoise de Bretagne, il a d’abord été éducateur pour l’enfance inadaptée, puis novice dans un ordre contemplatif, le Carmel, avant d’entrer chez les Dominicains en 1962. Aumônier du centre Saint-Yves des facultés de Droit et de Sciences économiques à Paris, il vécut intensément Mai 68 et prit fait et cause pour les « Katangais », ces jeunes marginaux enrôlés au service de la révolution. Sa condition de religieux en fut profondément éprouvée. Mais, loin d’abandonner l’Église, il fit le choix d’une vie religieuse plus radicale au service de la libération des opprimés de la société. En 1994, il s’installe au Brésil où son activité restera dédiée à la défense des droits de l’homme, notamment la lutte contre le travail esclave, l’application des droits du travail et le développement de l’agriculture. La Commission y avait aussi des actions transversales dans le domaine de la formation avec des séminaires sur la santé, l’éducation, l’accès aux droits, le logement et le mouvement des femmes. Il y est décédé le 31 janvier 2013 au couvent de la Sainte-Famille à São Paulo.


Henri Suso est né sur les bords du lac de Constance, à la fin du XIIIe siècle. Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d'où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits. Il entre chez les dominicains de Constance à l'âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l'âge de 18 ans, ayant été favorisé d'une vision, il se convertit. Dès lors il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu'à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe du Très-Haut, il jeta dans le Rhin tous ses instruments de pénitence. Après ses premières études théologiques, on l'avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur. Il y écrit, pour la défense d'Eckart, "Le livre de la vérité". Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale. Il reste alors dans son couvent et travaille à son "Livre de la Sagesse" dédié au Maître de l'Ordre sous le titre "L'Horloge de la Sagesse". Il se donne également à la prédication dans toute la région. On ne sait que très peu de choses sur les dernières années de sa vie. Il y mourut en 1366 vers sa 70ème année. Le concile de Constance le considéra comme bienheureux, mais sa béatification officielle est due à Grégoire XVI en 1831.


Né en 1225, de la famille des comtes d’Aquino (Italie méridionale), saint Thomas fit ses études d’abord à l’abbaye de Monte Cassino, puis à Naples ; il les compléta après son entrée dans l’Ordre des Prêcheurs en 1244, principalement sous la direction de saint Albert le Grand à Cologne. Sa vie d’étudiant puis de professeur fut toute simple, mais son œuvre est impressionnante. On venait alors de redécouvrir la philosophie d’Aristote. Par son rationalisme, par certaines de ses conclusions, elle semblait incompatible non seulement avec la théologie traditionnelle d’inspiration augustinienne, mais encore avec la foi. Saint Thomas sut faire une synthèse équilibrée entre Aristote et saint Augustin. L’ordre reconnaît en lui un maître et un modèle pour œuvrer à une meilleure intelligence de la Parole de Dieu.
 



Avant d’être élu Provincial de la Province dominicaine de france en 2010, le frère Jean-Paul vivait à Tlemcen, en Algérie, au sein d’une petite communauté de frères dont il était le supérieur. Au service du diocèse d’Oran, il occupait les fonctions de vicaire général et d’économe diocésain. Le 25 janvier 2013, il a été ordonné évêque d’Oran.

Tout jeune encore, Vincent s’est senti appelé à devenir prêtre et frère prêcheur. Il étudie la logique, la philosophie, la théologie, la bible qu’il apprend par cœur. Il aime fréquenter les églises, prier longuement, tout en menant une vie de travail très austère. À dix-sept ans, il entre chez les dominicains de Valence, et prononce ses premiers vœux religieux à dix-huit ans. Sa formation intellectuelle étant très solide, ses supérieurs le chargent d’enseigner les jeunes frères. Il connaît le latin, l’hébreu, la physique. Il poursuit ses études à Barcelone, à Toulouse, à Paris. Intelligent et travailleur, il obtient un doctorat en théologie. Il est enfin ordonné prêtre à Valence en 1378 : il a vingt-huit ans. À cette époque (1378-1415), l’Église d’Occident est divisée entre trois papes rivaux, l’un à Rome, l’autre à Avignon, un troisième à Pise. Saint Vincent est appelé à Avignon auprès de son ami Pedro de Luna élu pape, sous le nom de Benoît XIII. Conscient du danger de ce schisme désastreux pour l’Église, saint Vincent travaille sans relâche à y mettre fin. À partir de 1399, saint Vincent parcourt les routes d’Espagne et de France pour appeler à la réconciliation et exhorter les chrétiens à être fidèles à leur baptême. Il va de ville en village, prêchant inlassablement. Il s’éteint à Vannes le 5 avril 1419.
 






Qui sommes-nous ? Des moines ? Non pas vraiment. « L’habit ne fait pas le moine. » En l’occurrence, cela s’applique !

Notre vie ressem­ble pourtant à celle des moines, c’est vrai : nous vivons en frères, avec une vie commu­nau­taire, parta­geant la table, mettant en com­mun nos biens. Louant ensemble, ou seuls, le Seigneur et lui confiant le monde qui vit et parfois souf­fre. Mais notre vie se passe aussi à l’exté­rieur car nous sortons du cou­vent (qui n’est donc pas un monas­tère). En effet, le monde nous appelle : nous sommes des prê­cheurs, et l’annon­ce de la parole de Dieu à nos contem­po­rains est la grande affai­re de notre vie.

 

À l’origi­ne, il y a le cœur débor­dant de saint Domini­que, inquiet de voir tant d’hommes et de femmes à l’écart de la Bonne Nouvel­le. S’en­tou­rant de frères, il ne tarde pas à les disper­ser aux quatre coins de la terre pour prê­cher à ceux qu’ils croise­ront sur leur chemin. Un cœur qui débor­de, telle est donc l’origi­ne de l’Ordre des prê­cheurs. Et depuis huit siècles, frères, sœurs et laïcs domini­cains s’atta­chent à rester fidèles à cette mis­sion si belle : Louer, bénir et prêcher.

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