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Témoignage d'un étudiant qui s'éternise

À la fin de cette année universitaire, je serai titulaire (du moins, je l’espère !) d’un Master de théologie qui sanctionnera cinq années passées à étudier cette discipline… Et je m’apprête à m’engager dans une année supplémentaire en vue de l’obtention d’une licence canonique ! Après un total de plus de 18 ans passés aux études supérieures, il m’arrive de me demander si je ne suis pas en train de devenir un éternel étudiant. Je mentirais si je disais que recommencer des études de premier cycle en entrant dans l’Ordre a été facile. Mais, au fil des ans, j’ai gardé en mémoire quelques rencontres relatives à cette dimension singulière de la vie dominicaine qui m’ont permis de tenir bon !



La première de ces rencontres s’est produite avant mon entrée chez les Dominicains. J’étais « regardant » pendant un week-end au couvent de Lille. Un frère étudiant d’alors m’avait expliqué combien il trouvait beau d’allier un apostolat auprès des plus démunis à des études de théologie.

D’une part, me disait-il, il en va du respect des personnes rencontrées : qu’elles aient elles-mêmes passé de longs moments sur les bancs de l’école ou non, elles ont le droit à une prédication de qualité. D’autre part, les études permettent d’ouvrir des chemins nouveaux qui peuvent rejoindre ceux qui sont parfois très éloignés de l’Église. Cette présentation convaincante des études comme moyen de se rendre plus disponible à tous avait alors apaisé ma crainte de ne m’engager dans un cursus théologique que pour parler à quelques spécialistes.

Je repense souvent à ce témoignage alors que je suis, depuis deux ans, engagé dans la catéchèse d’enfants. Répondre correctement aux questions (parfois déconcertantes) des plus petits, proposer et inventer des activités adaptées, oblige à une certaine gymnastique qui nécessite d’avoir déjà pratiqué quelques « échauffements théologiques ».


Une deuxième rencontre déterminante a eu lieu avec une moniale dominicaine quelques mois après mon noviciat. Cette soeur m’expliquait combien les études étaient importantes dans la vie monastique non pas d’abord dans une perspective apostolique, mais pour vivre solidement

la contemplation au coeur de cet état de vie. Ce témoignage avait retenti en moi comme un appel à orienter résolument mes études vers la recherche de Dieu. Avec quelques années de recul, je me rends compte combien l’étude peut redonner fraîcheur et dynamisme à la vie de prière. Mais je vois aussi comment elle peut briser en nous, parfois avec violence, les fausses images de Dieu, combien elle nous montre que Dieu est plus grand que tout ce qu’on peut écrire ou lire sur Lui.


Enfin, je voudrais évoquer ma rencontre avec les étudiants de l’Université de Fribourg. Venant d’horizons ecclésiaux et nationaux variés, j’ai été frappé de voir combien, pour eux, et plus spécialement pour les plus jeunes, les Dominicains étaient associés à l’étude. Un Dominicain doit s’y connaître en théologie, un Dominicain est attendu pour dialoguer avec les autres disciplines présentes à l’Université ! Préparant avec d’autres frères étudiants les sessions ThéoDom (une initiation à la théologie pour des 18-35 ans), j’ai réalisé combien cette représentation, qui sonne comme un appel, était perceptible également en France et hors des cercles académiques.


En pensant à ces trois rencontres, l’étude prend donc plus de sens pour moi. Que ce soit pour gagner en efficacité apostolique, pour cheminer plus profondément vers Dieu ou pour continuer à répondre à une des missions des Dominicains dans l’Église, je me désole moins d’être un éternel étudiant. J’espère plutôt devenir un étudiant qui s’éternise… c’est-à-dire un frère qui étudie en vue de la vie éternelle : la sienne et celle des autres !

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