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Dis, Papa, c’est qui Congar ?

— Qui ça ?
— Le monsieur tout en blanc sur la couverture du livre. On dirait le pape.
— Mais non, c’est le père Yves Congar ! Il est en blanc parce que c’est un dominicain, comme ceux qu’on retrouve à la messe le dimanche.
— Il est mort ?
— Oui ! Il a vécu de 1904 à 1995. C’est l’un des plus grands théologiens du XXe siècle.
— C’est quoi un théologien ?
— Une personne qui met son intelligence au service des croyants. Il prie, étudie pour mieux connaître Dieu et aider les croyants à approfondir leur foi.
— Et Congar, parce qu’il était plus intelligent que la moyenne, il connaissait Dieu mieux que tout le monde…
— Non, pas du tout ! Mais les livres de Congar, écrits avec intelligence, ont réveillé les catholiques.
— Il a beaucoup écrit ?
— Tellement que quelqu’un a dit : « ll n’est pas sûr que le père Congar a lu tout ce qu’il a écrit. » 

Un œcuméniste

— Et qu’est-ce qu’il a écrit de si important ?
— Un livre prophétique sur l’œcuménisme (Chrétiens désunis. Principes d’un «oecuménisme» catholique, Paris, Cerf, coll. « Unam Sanctam », 1, 1937).
— L’euh quoi ?
— Quand on parle d’œcuménisme, on parle du mouvement qui cherche à faire l’unité entre les chrétiens.
— Qu’est-ce qu’il a dit le père Congar là-dessus ?
— Il a fait prendre conscience à l’Église que pour être tout à fait catholique, universelle, elle avait besoin des dons des autres. Il devait son sens de l’œcuménisme à un événement marquant de son enfance : à Sedan, sa ville natale, l’église de sa paroisse catholique ayant été brûlée en 1914, le pasteur du quartier avait proposé à son curé une petite chapelle protestante.
— Eh alors ?
— Alors, cette expérience a joué un grand rôle dans son désir et sa capacité d’aller au-delà de ce qui sépare et divise.

Un ecclésiologue

— Il a écrit sur quoi encore ?
— Sur l’ecclésiologie.
— Sur les clés quoi ? Je comprends rien. Il pouvait pas utiliser des mots plus simples ?
— Ça vient encore du grec. C’est la partie de la théologie qui essaie de dire ce qu’est l’Église.
— Et alors, il a dit quoi de spécial sur l’Église ?
— Sous un titre un peu provocateur, il a publié un très grand livre (Vraie et fausse réforme dans l’Église, Paris, Cerf, coll. « Unam Sanctam », 20, 1950). Selon lui, l’Église devait se réformer, non pas pour chercher à être à la mode, mais pour que l’Évangile puisse réellement rejoindre les hommes et les femmes tels qu’ils sont. Ce livre et d’autres positions, trop longues à expliquer, lui ont valu d’être soupconné de «théologie nouvelle» et de se retrouver exilé par Rome.

— Exilé ? Prisonnier ?
— Non ! Mais à partir de 1954, il a été mis à l’écart pendant des années à Jérusalem, à Rome, en Angleterre puis à Strasbourg où il n’avait pas le droit d’enseigner la théologie.
— Pourquoi il n’a pas tout envoyé balader ?
— Je sais pas… Sa foi, bien sûr, et sa résistance au nazisme, qui lui a valu d’être prisonnier en Allemagne pendant cinq ans, l’ont sûrement aidé à durer dans l’épreuve et le silence.

Un prophète

— Et qu’est-il est devenu ?
— L’un des plus grands théologiens du XXe siècle.
— Ça, je sais. J’ai entendu, mais ça veut dire quoi ?
— En 1962, le pape Jean XXIII a ouvert le concile Vatican II pour que l’Église se réforme, cherche des réponses aux questions de la culture contemporaine. Cette sorte de réunion des Églises du monde entier a duré jusqu’en 1965. Et tu sais quoi ? Le père Congar y a joué un rôle si important qu’il sera appelé « concile de Congar ». Rome a fini par comprendre…

Une figure dominicaine majeure

— Je comprends mieux pourquoi on va chez les dominicains. Mais c’est quoi ton truc là-bas ?
— La fraternité laïque dominicaine « Yves Congar ». On se réunit à plusieurs pour approfondir notre foi, prier, étudier et échanger dans un souci de dialogue avec le monde contemporain.
— Vous êtes un peu gonflés. Le plus grand théologien du XXe siècle…
— Du calme ! On cherche pas à devenir des spécialistes de Congar, des théologiens. On a choisi son nom en toute simplicité car notre groupe s’est constitué quasiment à l’occasion du 50e anniversaire de l’ouverture de Vatican II qui, d’après nous, reste à mettre en œuvre.
— OK ! Au fait, après Vatican II, il a fait quoi Congar ?
— Il a énormément écrit… Et Rome en a fait un cardinal, en 1994, un an avant sa mort.
— Excellent !


Jacques Tyrol
Laïque dominicain (Fraternité Yves Congar, à Lyon) 

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