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« Loin d’être asexué, le regard chaste supporte la distance et respecte l’altérité (qui ne se réduit pas à la différence). Il perçoit le corps comme personnel et expressif avant de le percevoir comme objet de désir. La chasteté est liberté ou, plus précisément, liberté vis-à-vis du désir. La notion de pureté du regard serait à redécouvrir, en lien avec celle de pureté du cœur. »
Xavier Lacroix, Le corps de chair, Cerf, 1992

Don de soi au service des autres
Un amour toujours plus libre
Le sexe
Entrer dans une famille qu’on n’a pas fondée
La question du corps
Le célibat pour vivre avec Quelqu’un

 

Don de soi au service des autres

par le frère Matthieu Goy, o.p.

 

L’un des trois conseils évangéliques que suivent les frères dominicains, comme tous les religieux et les autres personnes consacrées, est le vœu de chasteté.

 

Ce vœu semble le plus difficile et des plus absurdes pour certains mais il apparaît comme le plus important pour d’autres. Des trois vœux, la chasteté est d’ailleurs celui qui pose le plus de problèmes, sans doute à cause de ses implications naturelles et humaines. En effet, la chasteté est contre la nature elle-même, qui consiste pour tout homme et toute femme de pouvoir procréer, de donner la vie à travers le lien de la vie conjugale.

 

Émettre le vœu public de chasteté, même implicitement (puisque n’est formulé que le vœu d’obéissance), signifie que le religieux décide de renoncer, librement, à offrir son amour dans un lien conjugal. Il le fait à cause d’un bien qu’il estime meilleur que de chercher une quelconque sécurité dans l’intimité conjugale.

 

On doit affirmer avec sincérité que vivre la chasteté n’est pas du tout facile. En effet, les expériences des uns et des autres révèlent que l’instinct sexuel est toujours très fort et complexe, et qu’il n’existe pas une « sexométrie » pour le contrôler avec exactitude. Par conséquent, la chasteté n’est pas le fruit de nos seules forces physique ou morale, mais de la grâce de Dieu.


Prétendre maîtriser parfaitement sa chasteté voudrait dire qu’on a le réel contrôle de son instinct sexuel. Or, comme nous venons de le souligner, les fluctuations de la vie affective sont ce qui échappe le plus souvent au religieux. Elles se révèlent à n’importe quel moment de la vie et elles n’épargnent personne, plutôt, elles bousculent tout le monde malgré toutes les bonnes résolutions prises. En conséquence, chaque religieux doit avoir la conscience claire du fait que vivre la chasteté est un combat à mener tout au long d’une vie.

 

Mais la chasteté n’est pas le seul combat à mener, elle est inséparable de la pauvreté et de l’obéissance. Si le religieux fait de la chasteté l’unique objectif de sa vie, en perdant de vue la pauvreté et l’obéissance, il court le risque de ne rien comprendre de ce qu’on appelle vœux de religion. La vraie chasteté se vit en étroite connexion avec les deux autres vœux. Car le Christ, modèle de la vie religieuse, était à la fois chaste, pauvre et obéissant.

 

Dans ce sens, une vie religieuse chaste se déploie en étroite relation avec les deux autres. Je pense que la chasteté doit nous entraîner à un vrai service des pauvres, dans une disposition de cœur d’enfant, conduits par la volonté de la communauté. Le religieux qui manque la bonne combinaison de ces trois vœux n’attire plus personne.



Que dire de plus ? Loin de moi la prétention d’être spécialiste en la matière, je ne peux donner qu’une petite contribution au sujet qui nous concerne tous.

 

Ainsi, j’estime qu’une chasteté mature et responsable est celle qui se dénoue de tout souci et se vit non comme une corvée mais comme un don qui ouvre au royaume de Dieu. C’est ainsi que ma chasteté devient une source de joie et de paix dans le service des laissés-pour-compte.

 

 

Un amour toujours plus libre

par le frère Jean-Pierre Mérimée, o.p.

 

La chasteté, c’est le fait de s’abstenir des plaisirs charnels (Petit Larousse). Un peu « coupe-zizi » comme définition, non ? Je repense à ce copain prêtre-ouvrier très en colère contre une Église puritaine si prompte à condamner les rares plaisirs qui venaient égayer des vies de travail par ailleurs si rudes.

 

En fait, je vis la chasteté entre deux violences : la violence du refoulé, conséquence d’une éducation qui faisait l’impasse sur la sexualité, et la violence de la « révolution sexuelle », qui m’a secoué à l’âge adulte. Il m’a fallu attendre longtemps avant de savoir comment vivre mon besoin de tendresse reçue et donnée, ma sensualité, ma sexualité sans encore être très sûr de moi en la matière.

 

Me vient à l’esprit l’image de cet oncle de Fellini qui dans Amarcord grimpait sur un arbre pour hurler à tous les échos : « Voglio una dooonnaaaa : je veux une femme ! » La puissance de ce cri, je l’ai retrouvée dans les confidences de tant de mes compagnons de travail, à l’usine où, derrière les vantardises sur les « bons coups » du week-end, se cachait cette recherche têtue, désespérée chez certains, d’une compagne pour ne pas vivre seul.


Ce cri, je l’ai entendu il y a quelques mois, à notre messe de la communauté du « 28 » (Maison filiale du couvent de Lille), poussé par Jean-Daniel, un jeune « paroissien » qui crève de solitude. à ma question : « En ce début d’année, que cherches-tu ? », il a répondu : « Je cherche l’amour. » Dans sa bouche, il ne s’agissait pas d’amour mystique, mais bien d’une fille en chair et en os.

 

Je comprends mieux les situations que raconte la Bible, si bien résumées dans la généalogie du Christ en saint Matthieu : on y trouve des prostituées, des incestes, des adultères ! Jésus, à la suite du Dieu de la Bible, accueille en chacun de nous la vie telle qu’elle est, sans mensonge, et non telle qu’elle devrait être. Et la sexualité vécue avec le vœu de chasteté est tout aussi aventureuse que n’importe quelle autre forme de sexualité !

 

Dans la vie dominicaine, l’un des piliers est la vie fraternelle, avec son attention à l’autre dans la vie commune. La chasteté est faite pour servir cet engagement.

 

À Lille, notre communauté du « 28 » et notre cœur sont largement ouverts à l’accueil de jeunes et de moins jeunes, d’hommes et de femmes, chrétiens ou pas, ce qui fonde et construit, je crois, une fraternité dominicaine heureuse et de belles amitiés.


Il n’y a pas de fétichisme de la chasteté pour moi. Je suis frappé de constater que Jésus ne cesse de dénoncer et de transgresser les règles de pureté, celles qui enferment l’homme dans la culpabilité au lieu de le rendre libre et fraternel. Jésus touche les corps et se laisse toucher par les intouchables de l’époque. Notre Dieu est le Dieu de la tendresse et du pardon.

 

Pour autant, ces remarques n’enlèvent rien à l’exigence du combat à mener. Mais la sublimation de toutes ces énergies vitales n’est jamais évidente et si la volonté y a sa part, elle ne suffit pas. L’essentiel est ailleurs. Prédicateurs d’un Dieu amoureux de sa création et de sa créature, cette prédication nous change : Celui qui nous a aimé le premier à en mourir, Jésus, nous ouvre à un amour toujours plus libre.

 

Un peu d’humour pour finir, à l’exemple du premier des frères prêcheurs, notre Père saint Dominique, lui qui, parvenu à la fin de sa vie, s’accusait de préférer encore « la conversation des jeunes filles au bavardage des vieilles femmes » ! 

 


Le sexe

par le frère Jean Druel, o.p.


C’est étonnant à quel point le sexe fascine. Il suffit que je commence cet article par ce mot et tout de suite il se passe quelque chose. Votre attention est captée immédiatement. Il doit y avoir quelque chose en nous pour que la chose nous captive autant. Parler de chasteté, dans la compréhension immédiate, c’est parler de sexe. Ou plus précisément, c’est parler de non-sexe, ce qui est encore et toujours parler de sexe, et subir encore et toujours la même fascination.

 

Or je trouve précisément qu’on en parle trop. Et de sexe, et de non-sexe. De pureté et de continence. D’abstinence et de relations extra-conjugales. De pratiques déviantes et de privations pour le Seigneur. De chasteté et d’addictions. À mon avis, et d’après mon humble expérience, l’objet du vœu de chasteté c’est précisément de nous libérer de tout cela. Il ne s’agit donc pas de nier le sexe, mais de le vivre sur le mode de la gratuité, du don. En un mot, non pas de le prendre, mais de le recevoir. Non pas de l’imposer, mais de l’offrir.

 

La libération que cette gratuité apporte, c’est aussi le but des autres vœux. C’est même le but de la vie spirituelle en général. Un frère formateur nous disait à Lille que le vœu de pauvreté est une école pour apprendre à être plus généreux, pas plus radin ; le vœu de chasteté, une école pour apprendre à aimer plus, pas à se dessécher ; et le vœu d’obéissance, pour apprendre à être plus libre, pas plus servile. Et les vœux compris de cette manière s’adressent à tous les baptisés. Les religieux ne se distinguent des autres que parce qu’ils en font « profession », ils promettent publiquement de se mettre à cette école de la liberté.

 

Être chaste, c’est donc refuser la fascination du sexe (et du non-sexe). Refuser de se laisser hypnotiser et d’hypnotiser les autres sur cette rengaine de bas-étage. Si nous utilisions toute l’énergie et toute l’attention que nous accordons au sexe (et au non-sexe) à penser à Dieu, au salut que son Fils nous révèle, à la présence de l’Esprit Saint en nous, au bonheur qu’il y a d’être chrétien, d’être vivant, nous ferions des progrès immenses dans la vie spirituelle ! Au lieu de cela, nous nous confessons sans cesse des mêmes mesquineries, nous déployons une énergie folle pour chercher toujours plus de sexe ou pour nous en protéger à tout prix. Loin de tout cela, être chaste c’est choisir d’orienter toute cette énergie vers plus d’amour, de cet amour prêt à mourir pour donner la vie.

 

La chasteté se décline pour chacun et chacune d’entre nous selon ses propres choix de vie, dans le mariage ou le célibat, dans la vie communautaire, dans la solitude choisie ou imposée. Et se poser la question à soi-même, « suis-je plus chaste aujourd’hui qu’hier ? », c’est se demander quelle place j’ai accordé à mon frère, à ma femme, à mes amis. C’est se demander si je suis plus libre par rapport à mon plaisir ou si j’en suis esclave. C’est se demander si l’amour dont le Christ nous aime m’a poussé à aimer plus. Et à donner ma vie.

 


Entrer dans une famille qu’on n’a pas fondée

par le frère Jean-Christophe de Nadaï, o.p.

Il y a quelques mois, le jeu des assignations m’a fait quitter un couvent de ministère pour exercer une charge de formation dans une maison d’étude. Voilà que, pour la première fois, je me trouve à vivre parmi des frères qui auraient l’âge d’être mes enfants.

 

Cette considération n’introduit heureusement pas, autant que je puisse en juger, de confusion dans nos rapports. Elle me trouble toutefois. Par elle se déclare la puissance de ce mouvement qui nous porte à transmettre ; à transmettre, dis-je, non pas seulement, comme enseignant, les éléments d’un savoir commun à l’humanité ou, comme prêtre, un trésor qui est celui de toute l’Église ; mais de transmettre sa propre vie, de telle sorte qu’en ses enfants, on demeure sur cette terre, par quelque chose de soi en eux, même après qu’on n’y est plus.

 

Au moment des vœux de religion, je ne m’avisais qu’abstraitement de cette sorte de renoncement à quoi engageait celui de chasteté. Je dois bénir Dieu de ce que la fondation d’une famille se manifeste à moi non sous l’espèce d’un désir, mais d’un regret à quoi Il me préserve d’ailleurs de m’arrêter sérieusement, grâce à une parole qui me revient souvent à l’esprit.

 

« Les fils de Dieu, fils de la résurrection ne prennent ni femme ni mari, puisqu’ils ne peuvent plus mourir. » (Évangile selon St Luc, chapitre 20, verset 36).

 

Ainsi l’union de l’homme et de la femme en vue des enfants à naître est-elle un aspect du combat où le Dieu des vivants engage sa création contre la mort. Or, le Seigneur n’engage pas la terre dans cette lutte, qu’il n’y intéresse l’éternité du ciel en Jésus-Christ. Sa victoire à la Croix, où la Vie véritable, écrasant pour jamais les puissances de la mort, se communique à ceux qu’elle distingue pour ses enfants d’adoption, démontre que la génération humaine est une figure de la génération divine et qu’elle trouve son sens en elle.

 

« Qui veut garder sa vie la perdra. » (Mt 16, 25) Qui aime ses enfants surtout par rapport à soi, afin que quelque chose de soi demeure sur cette terre, celui-là certes veut garder la vie qu’il prétend donner et succombe ainsi dans le combat contre la mort. Il n’a pas assez d’égards à ce Père du ciel, en vue de qui s’ordonne sur terre la condition de parents.

 

Le Seigneur a disposé sur la terre des maisons religieuses dont les familles ne doivent rien à la génération humaine, afin de mettre en évidence la vérité de la génération divine, qui s’accomplit, réellement mais invisiblement, dans le baptême, et à quoi s’ordonne, ultimement, mais invisiblement, le mariage. Ce n’est pas que la charité, qui nous fait vivre en enfants de la résurrection, s’y vivrait davantage que dans les autres familles.

 

Mais je crois, et de plus en plus, que Dieu s’est plu à nous retracer là comme un tableau de la charité, afin que, par l’image sensible de cette forme de vie, qui demeure en dépit de nos manquements quotidiens à la charité, soit manifestée aux yeux de l’Église de la terre et du monde présent l’Église des fils de Dieu, des fils ressuscités.

 

 

La question du corps

par le frère Jean-Claude Lavigne, o.p.


Le vœu de chasteté ne concerne pas que les jeunes frères en pleine vitalité et va donc bien au-delà de la question d’une sexualité à maîtriser. Ce vœu concerne tous les frères quel que soit leur âge, car il implique le corps dans sa totalité, celui des frères âgés comme celui des jeunes. La chasteté est une manière de dire l’importance du corps, y compris de la sexualité, sous le regard de Dieu et une manière de se faire proche de ceux dont le corps a mal.

 

Trouver la juste place de son corps personnel dans la vie commune n’est pas simple : entre le mal-être coincé et les provocations du pseudo-libéré, la honte et l’outrageuse présence sexualisée. Cela s’apprend avec l’expérience et la confiance faite dans les frères, ni partenaires ni simples commensaux, des frères c’est à dire des hommes qui se soutiennent avec tout ce qu’ils sont pour se tenir disponibles au surgissement de Dieu et tenter de parler de cet ineffable.

 

Mettre son corps au centre de la vie commune est assurément un manque de chasteté et pourtant c’est ce qui se fait quand la maladie ou les médicaments, les multiples consultations d’experts médicaux de toute sorte occupent une place envahissante dans nos discussions. Certes il faut entendre parler les corps souffrants ou malades, s’en soucier, mais il y a des excès dans la parole, des mises en scène, des complaisances qui ne sont pas saines. Les laisser-aller dans le manque d’hygiène et de propreté sont, tout autant que la parfumerie ambulante, une manière d’imposer son corps aux autres qui ne s’inscrit pas dans la recherche de chasteté.

 

Le corps a besoin de manger et c’est là un lieu de plaisir dont on sait bien qu’il naît autant de la relation qui existe entre ceux qui mangent ensemble que de ce qui est consommé. Quand la nourriture, à la suite des discussions sur la maladie et des médecins, envahit la communauté on est loin de la chasteté et cela concerne autant les jeunes que les vieux. Le manque de chasteté désigne autant la gloutonnerie que l’anorexie, la goinfrerie que le rejet de tout ce qu’on avait pas l’habitude de manger en tant qu’enfant, les pratiques que les discours. La variante sur les boissons renforce encore ce regard. Il ne s’agit pas de prôner le jeûne ou l’absence d’apéritif sous prétexte que cela fait austère, mais de ne pas imposer son corps et les besoins de celui-ci aux autres.

 

Le corps chaste ne constitue pas un but en soi, et encore moins une prouesse ou un exercice sacrificiel. Le corps -le sien et celui des autres- est à accueillir comme un don de Dieu, autant dans sa jeunesse que dans sa vieillesse (cf. Qohelet). Cette étape est plus difficile à vivre car il s’agit d’accepter des limites et des souffrances mais vouloir la fuir illusoirement dans une éternelle jeunesse ou un arrêt aux périodes de gloire est une manière de ne pas comprendre la spiritualité de la chasteté. La vieillesse n’est pas une maladie ou un simple processus de rétrécissement des potentialités : elle est une chance pour une vie autre et l’accueillir comme lieu de vie est une belle manière d’être chaste.

 

La chasteté est là aussi pour que se développe l’expérimentation d’une relation non captatrice avec l’autre, le frère avec qui on vit et tout autre rencontré dans la vie. Cet autre n’est pas qu’un corps sexué et la chasteté est une invitation à entrer en relation avec tout ce qui fait cet autre. Nous sommes alors invités à accueillir le corps du frère âgé sans le réduire à un corps malade que je dois contrôler, accueillir le corps malade pour en prendre soin et l’aider à vivre l’instant présent, accueillir la vie avec joie sans vouloir tout maîtriser, accueillir ceux et celles qui ne s’aiment pas et qui ne croient pas en leur capacité d’aimer et d’être aimés… nommer les ambiguïtés sans effroi et être heureux de vivre. Notre Dieu n’est-il pas le Dieu des vivants (Luc chapitre 20, verset 38)  ?

 


Le célibat pour vivre avec Quelqu’un

par le frère Michel Lachenaud, o.p.

En communauté, il faut l’avouer, nous abordons difficilement la question de la chasteté, alors qu’à l’extérieur on en parle beaucoup. Elle est une valeur peu comprise dans notre société. En effet, beaucoup de gens ne croient pas que le célibat religieux soit effectivement vécu dans le renoncement à toute relation sexuelle, même épisodique.

 

Créé pour la communion, chacun de nous est appelé à vivre en tant qu’être sexué, c’est-à-dire marqué par une dimension masculine ou féminine. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes est marqué par la sexualité. La chasteté est une maîtrise libérante du dynamisme sexuel, elle est une attitude de fond qui consiste à reconnaître et à aimer l’autre dans le respect de sa différence. Elle marque la façon dont on s’engage dans toutes les relations et se traduit par une délicatesse attentive à éviter les comportements possessifs ou dominateurs. Ainsi comprise, la chasteté n’est évidemment pas le propre de la vie religieuse, elle a sa place aussi dans la vie conjugale et familiale.

 

Mais l’un des éléments fondamentaux de tout projet de vie religieuse, c’est le célibat en vue du Royaume, le célibat choisi à cause de Jésus-Christ et vécu en communauté. Le célibat comprend le renoncement au lien amoureux, au mariage et à l’expression intime de la sexualité. Un tel célibat inclut la continence, qui consiste à contenir nos pulsions sexuelles et à renoncer au plaisir de l’acte sexuel. Jésus propose ce renoncement radical, à savoir « se faire eunuque à cause du Royaume » (Mt 19, 12), mais il faut reconnaître que cette recommandation est présentée comme un don, accordé « non à tous, mais à ceux à qui cela est donné ».

 

Un tel choix se situe donc dans l’attachement préférentiel à Jésus. Le célibat n’a plus aucun sens s’il n’est pas d’abord attachement au Christ, sans cela il devient invivable, et risque d’être une frustration profonde de notre désir d’être aimé et d’aimer. Le célibat consacré ce n’est pas vivre seul, c’est au contraire vivre avec Quelqu’un.  

Devenir dominicain ? Pourquoi pas ?

Pierre a 21 ans, il est étu­diant. Étien­ne a 26 ans, il est prof. de fran­çais. David a 25 ans, il est cui­si­nier. Mar­cel a 30 ans, il est édu­ca­teur de rue. Ils ont décou­vert les Domi­ni­cains et s’inter­ro­gent : peut-être que le Christ les invi­te à le sui­vre à l’école de saint Domi­ni­que ? Leurs moti­va­tions sont diver­ses et par­fois enco­re floues, mais l’Esprit Saint a ou­vert leurs cœurs. Au cœur de leur vie, ils enten­dent le mur­mure de l’appel de Dieu. Pour­quoi ne pas répon­dre ?

Et toi ? Si tu cherches une vie fraternelle, simple et joyeuse, si la diversité ne te fait pas peur, si tu te sens prêt à découvrir ta vocation propre, si tu aimes la prière et si tu as le désir de servir Dieu et les hommes… Pourquoi ne pas venir voir comment nous essayons de vivre tout ça ?

 

N’hésite pas à m’écrire : charles.ruetsch@dominicains.fr

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