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La cloche de l’office vient de sonner. Un à un, les étudiants en architecture de Barcelone franchissent avec un regard interrogateur la lourde porte de l’église et viennent s’asseoir dans les stalles avec les frères qui s’apprêtent à chanter les vêpres.

 

Les étudiants ont déjà suivi une visite de deux heures avec un frère. Mais ils veulent venir à l’office. Par curiosité ? Par respect ? Par conviction ? Certains se recueillent en silence, d’autres regardent le jeu de la lumière du couchant sur le mur de béton, certains enfin tentent de suivre l’office dans les psautiers. Pas de photos. Pas d’agitation, ni distraction. Ils sont là, en silence.

 

Aujourd’hui ils viennent de Catalogne, hier ils venaient d’Allemagne, après-demain ils viendront d’Australie. Étudiants en architecture, urbanisme, design, Beaux-Arts, accompagnés de leurs professeurs, simples visiteurs ou architectes de renom, tout au long de l’année, ils se succèdent pour visiter ou résider un ou plusieurs jours au couvent.



Venus visiter une des réalisations majeures de Le Corbusier, ils découvrent une communauté de frères qui y vivent, prient, travaillent. Le couvent n’est pas un énième bâtiment vide qu’ils admirent seulement pour la beauté de son architecture. C’est un lieu habité par les successeurs de ceux qui ont passé commande à Le Corbusier.



Au long des mois les frères font découvrir le couvent à ces étudiants venus de tous horizons. Leurs professeurs sont unanimes : outre la beauté et l’austérité du lieu, ce qui touche les étudiants c’est le fait que le couvent soit habité. Au cours de la visite ils découvrent les différents espaces et les fonctions pour lesquelles ils ont été construits. C’est à travers une visite que nous pouvons faire passer des éléments de culture chrétienne et de catéchèse par exemple dans l’église avec son grand autel ; ou sur l’histoire de l’église notamment dans la crypte avec ses sept autels prévus pour que les prêtres célèbrent la messe quand la concélébration, avant le concile Vatican II, n’existait pas ; enfin sur nos institutions dominicaines dans la salle du chapitre.

 

Nous proposons régulièrement un temps d’échanges à la fin des visites, ou au cours de repas partagés avec les étudiants. J’ai eu souvent la surprise d’être questionné sur la vie religieuse en général, et dominicaine en particulier, notre façon d’habiter le couvent, notre confrontation à son austérité. Les visiteurs sont touchés de nous entendre parler de notre lieu de vie, de la façon dont nous avons apprivoisé le bâtiment de Le Corbusier. Les étudiants ou leurs professeurs n’ont plus alors l’impression d’être des visiteurs, mais des hôtes invités à partager un moment de la vie du couvent. La diversité des échanges, qui en fait la richesse, est grande quand les écoles d’architecture proposent à leurs étudiants de réaliser un workshop durant une semaine au couvent. Il nous faut alors être disponibles aux rencontres inopinées au détour d’un couloir, à la sortie de l’église ou du réfectoire. En effet, les professeurs, qui viennent chaque année avec leurs étudiants, nous le disent : c’est cette disponibilité dans l’accueil de chacun qui fait du séjour à La Tourette l’un des souvenirs marquants parmi les nombreux voyages qu’ils organisent pour leurs étudiants durant leur formation.

 

Cette disponibilité, cet accueil, ces échanges, qui permettent qu’une « visite devienne une rencontre ».

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